Rassemblement au parc Micaud pour le climat et la justice sociale

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées samedi 7 décembre 2019 au parc Micaud pour le climat et la justice sociale

marche pour climat décembre 19

Un nouveau rassemblement à Micaud avant une manifestation en ville

 

Une trentaine d’associations, syndicats et partis politiques avait signé l’appel.

Plusieurs personnes ont pris la parole sous le kiosque dont Maryse Fischer représentante du CCFD-Terre Solidaire. Voici des extraits de son discours

Maryse Fischer climat décembre 19
« Si nous sommes ici aujourd’hui, pendant la COP25 et à la veille de la Journée Mondiale pour le Climat, c’est pour donner des signaux forts aux 195 pays réunis à Madrid et qui ont signé l’Accord de Paris en 2015 :

– il est impératif de tenir vos engagements et de préparer pour 2020 une relève des exigences climatiques,

– il est impératif d’agir contre les dérèglements climatiques et les inégalités sociales qui sont profondément liés et exigent des réponses communes.

La COP21 a fixé pour objectif de contenir le réchauffement planétaire sous les +2°C, voire 1,5 °C, par rapport à l’ère préindustrielle – or, depuis cette COP21, les voyants sont au rouge : les émissions mondiales de CO2 sont en hausse de 4 % et nous conduisent vers une élévation de température entre +3°C et +5°C.

Alors qu’attendent les pays du G20 responsables de 80 % des émissions mondiales, pour prendre les mesures qui s’imposent pour rester sous la barre des 2°C  ?

L’élévation moyenne de température du globe atteint aujourd’hui 1°C, avec sont lot de conséquences déjà à l’œuvre et souvent de façon plus intenses ou rapides que prévu : sécheresses prolongées, fonte des glaciers du Groenland et de l’Antarctique, élévation du niveau des océans, disparition de la biodiversité, tempêtes et précipitations plus violentes, inondations…

Quel avenir préparons-nous à nos enfants et petits enfants ?

père Noël pour le climat

En effet, nous faisons peser une dette sur les générations futures (climat, biodiversité, eau potable, ressources naturelles…).

Tout cela est inacceptable.

Lors de son discours d’ouverture à la COP25, Antonio Guterres, Secrétaire général de l’ONU, a mis en garde :

« Le monde est à un tournant et d’ici la fin de la prochaine décennie, nous serons sur un de ces deux chemins », « L’un est le chemin de la capitulation, où nous aurons dépassé comme des somnambules le point de non-retour, mettant en danger la santé et la sécurité de tous les habitants de cette planète. L’autre option est le chemin de l’espoir. Un chemin dans lequel les énergies fossiles restent là où elles devraient être, dans le sol, et où nous parviendrons à la neutralité carbone d’ici 2050 »

Alors quel monde voulons-nous ? Et comment l’atteindre ?

un monde qui répond à la crise climatique et à la crise sociale et aussi certainement à une crise de valeurs

Quel est notre rôle citoyen ? des pratiques sobres en énergie, dans nos achats et dans nos choix alimentaires sont nécessaires…aussi, nos gestes de citoyens responsables sont incontournables, de plus, ils interrogent autour de nous et peuvent orienter les choix d’autres citoyens, ils permettent d’entrer dans une dynamique de sobriété et de justice entre les humains, mais ils ne suffiront pas.

En effet, nombre d’études montrent que si tout le monde était « héroïque », cela réduirait les émissions de GES de 25 % (de 100 on passerait à 75) ; or il faut les diviser par 5 pour rester dans une perspective de 2°C maxi .

Des changements de structures sont absolument nécessaires, ils sont du ressort des pouvoirs publics et des entreprises, dans des secteurs clés :

– Dans l’énergie pour orienter résolument les financements et subventions vers les énergies renouvelables

– dans l’habitat,

– dans la mobilité et les transports : au pouvoir public d’orienter l’investissement pour rouvrir des dessertes ferroviaires, privilégier le train à l’avion, encourager les mobilités douces, garantir des espaces verts au lieu d’étendre toujours plus le béton et les routes, …

– et dans nos modes d’agriculture et d’alimentation, ce secteur est responsable de 1/3 des émissions mondiales de GES en comptant toutes les étapes du champ à l’assiette ; ce qui pose problème, c’est l’agro-industrie qui est le modèle dominant, fondé sur la monoculture d’exportation mondialisée.  …

Il est grand temps de passer à une agro-écologie paysanne et solidaire : bénéfique à l’environnement, à la bio-diversité, respectueuses des sols et des ressources naturelles, créatrice d’emplois et solution à l’insécurité alimentaire

C’est par des décisions politiques du local à l’international que de tels changements de structures peuvent et doivent être mis en place et il y a urgence.

On a perdu une décennie d’inaction ! Il faut rattraper le retard et c’est bien plus douloureux !

Aussi, la COP25 est une étape clé : les pays doivent définir la feuille de route qui sera adoptée à la COP26 pour 10 ans dans un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre, bien plus ambitieux .

C’est une réduction des émissions globales de 7,6 % par an qui est nécessaire pour rester à 1,5°C d’élévation de température (rapport du PNUE) et 2,7 % pour rester sous la barre des 2°C.

Afin d’accélérer la transition, il faudra concilier des politiques climatiques ambitieuses et des mesures socialement justes et équitables.

Plusieurs sujets sont centraux et clivants, par exemple :

1) celui du marché Carbone, déjà en œuvre depuis le protocole de Kyoto, il a montré son inefficacité ; à Madrid, 160 ONG ont montré leur opposition à ce système qui valide des droits à émettre des GES, alors qu’il faut réduire ces émissions.

2) Mobiliser des ressources financières pour les pays affectés par des catastrophes climatiques. Les pays du Sud, qui sont les moins responsables des dérèglements du climat, en sont pourtant les premières victimes. Il revient aux pays du Nord, de créer des financements innovants pour leur permettre de se reconstruire….

Mais l’obstacle majeur, c’est la logique qui régit les décisions économiques et financières, c’est à dire, celle du profit à tout prix avec une puissance de lobbying énorme !

Alors, il est absolument vital de rassembler toutes nos forces citoyennes et humanistes pour être entendus !

Marche pour climat dec19

En attendant le départ de la manifestation, l’orchestre Sud Orchestra Solidaire composé de Etienne, Michel et Sylvain avaient réchauffé l’ambiance

 Sud Orchestra Solidaire

Une occasion de rencontres et d’échanges entre militants et élus

Micaud climat décembre 19

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