Coups de coeur de lecture : le rêve américain

Rencontre coups de coeur lecture Compte-rendu du 4 septembre 2019

Les vacances d’été à peine terminées, le groupe de lectrices presque au complet s’est retrouvé le 4 septembre pour échanger sur les auteurs américains. Un sujet aussi vaste méritera sans doute d’y consacrer d’autres séances; mais déjà beaucoup d’écrivains ont été évoqué avec passion et argumentations à l’appui.

Les 7 participantes ont ainsi pointé des sujets de société récurrents dans ce pays dont on a longtemps parlé comme «Le Rêve Américain». La réalité du quotidien de certaines communautés indiennes, noires, asiatiques ou sud américaines écorne quelque peu cette belle image.

Car il reste bel et bien des traces du passé colonial sur lequel s’est construit ce pays où demeure un racisme marqué envers les peuples précédemment cités. De nombreux narrateurs témoignent sur ces thèmes.

Symphonie du hasard D Kennedy

Marielle présente : La symphonie du hasard – trilogie de Douglas Kennedy

À New York, dans un bureau, une éditrice lit un manuscrit. Une œuvre qui la trouble et qui va la replonger dans son passé et celui de sa famille. Sur le papier, une famille comme tant d’autres au pays de l’Oncle Sam, un bonheur propret, une vie plutôt confortable. Et pourtant… Aux années soixante insouciantes vont succéder les années soixante-dix tumultueuses. Et faire exploser au passage toutes ces familles qui croyaient encore au rêve américain…

L'arbre aux haricots

Danièle présente deux livres

L’arbre aux haricots de Barbara Kingsolver

Taylor Greer n’a pas l’intention de finir ses jours dans le Kentucky, où les filles commencent à faire des bébés avant d’apprendre leurs tables de multiplication.
Le jour où elle quitte le comté de Pittman au volant de sa vieille coccinelle Volkswagen, elle est bien décidée à rouler vers l’Ouest jusqu’à ce que sa voiture rende l’âme.

C’est compter sans le désert de l’Oklahoma où, sur le parking d’un bar miteux, elle hérite d’un mystérieux balluchon : une petite Indienne.
On est à Tucson dans l’Arizona ; Taylor a les yeux grands ouverts, de l’énergie à revendre et une bonne dose d’humour. Dans un garage un peu spécial, elle va rencontrer à la fois la générosité et l’inacceptable, et trouver l’espoir de garder celle qui est devenue son enfant, la petite Turtle.

L’Arbre aux Haricots est une histoire de rire et de peine, un magnifique début pour une nouvelle romancière contemporaine. La suite des aventures de Turtle et de sa mère a été publiée sous le titre : Les Cochons au paradis (Rivages).

Run Rash un pied au paradis

Un pied au paradis de Ron Rash
Shérif d’une petite ville des Appalaches du Sud, Will Alexander sait que Holland Winchester, le voyou local, a été assassiné. L’ennui, c’est qu’il ne trouve ni corps ni aucun témoin du meurtre. Raconté avec simplicité à travers les voix du shérif, d’un fermier voisin, de sa superbe femme, de leur fils et de l’adjoint, Un pied au paradis a marqué la naissance d’une des plumes les plus fines et singulières de la littérature américaine.

«D’une écriture feutrée, Ron Rash fouille les âmes de ses personnages. Époustouflant.
Martine Laval, Télérama.

Circé M Miller

Sandrine présente  : Circé de Madeline Miller

Helios, dieu du soleil, a une fille : Circé. Elle ne possède ni les pouvoirs exceptionnels de son père, ni le charme envoûtant de sa mère mais elle se découvre pourtant un don : la sorcellerie, les poisons et la capacité à transformer ses ennemis en créatures monstrueuses. Peu à peu, même les dieux la redoutent.
Son père lui ordonne de s’exiler sur une île déserte sur laquelle elle développe des rites occultes et croisent tous les personnages importants de la mythologie : le minotaure, Icare, Medée et Ulysse….
Mais cette existence de femme indépendante et dangereuse inquiète les dieux et effraie les hommes. Pour sauver ce qu’elle a de plus cher à ses yeux, Circé doit choisir entre ces deux mondes : les dieux dont elle descend, les mortels qu’elle a appris à aimer.

Françoise présente : Tout ce qu’on ne s’est jamais dit de Celeste NG

Lydia Lee, seize ans, est morte. Mais sa famille l’ignore encore… Élève modèle, ses parents ont placé en elle tous leurs espoirs. Sa mère, Marylin, femme au foyer, rêve que sa fille fasse les études de médecine qu’elle n’a pas pu accomplir.

Son père, James, professeur d’université d’origine chinoise, a tant souffert de sa différence qu’il a hâte de la retrouver parfaitement intégrée sur le campus.

Mais le corps de Lydia gît au fond d’un lac. Accident, meurtre ou suicide ? Lorsque l’adolescente est retrouvée, la famille Lee, en apparence si soudée, va devoir affronter ses secrets les mieux gardés.
Des secrets si longtemps enfouis qu’au fil du temps ils ont imperceptiblement éloigné ses membres, creusant des failles qui ne pourront sans doute jamais être comblées. Bien sûr, Tout ce qu’on ne s’est jamais dit distille un suspense d’une rare efficacité. Mais ce livre qu’on garde en soi très longtemps est bien plus que cela. Celeste Ng aborde la violence de la dynamique familiale, les difficultés de communication, le malaise adolescent, avec une intensité exceptionnelle qui évoque l’univers de Laura Kasischke.
En distinguant cette œuvre envoûtante comme l’un des meilleurs romans de l’année, les critiques anglo-saxons ont salué la naissance d’un écrivain majeur et fait le succès du livre, vendu à plus d’un million d’exemplaires.

Céleste NG

Notes de Françoise :

Celeste Ng est une romancière et nouvelliste, née en 1980 à Pittsburg en Pennsylvanie.
Originaires de Hong Kong, ses parents se sont installés aux États-Unis à la fin des années soixante. Son père, physicien, a travaillé au Glenn Research Center et sa mère, chimiste, a enseigné à l’Université d’État de Cleveland. Celeste a étudié à l’Université Harvard en 2002, puis à l’Université du Michigan où elle a été lauréate du prix Hopwood pour sa nouvelle « What Passes Over ».

La nouvelle « Girls at Play » a obtenu le prix Pushcarprix de la presse) en 2012. Son premier roman, « Tout ce qu’on ne s’est jamais dit » (Everything I Never Told You, 2014) a été récompensé aux USA par le Alex Award et le Massachusetts Book Award en 2015, et en France par le Prix Relay des Voyageurs – Lecteurs 2016. Avec son deuxième roman, « La Saison des feux » (Little Fires Everywhere, 2017), elle confirme son talent exceptionnel.
Celeste Ng vit à Cambridge, dans le Massachusetts, avec son mari et son fils.

Le livre

En mode thriller de l’intime, l’auteure nous entraîne dans cette enquête, afin de savoir pourquoi Lydia, 16 ans, est retrouvée morte au fond d’un lac. Accident ? suicide ? meurtre ?

La mère de Lydia, blonde aux yeux bleus, voulait être différente de sa mère, professeure d’arts ménagers, et parfaite illustration de la femme des années 60, elle voudrait que sa fille réussisse ses études, travaille, soit la médecin qu’ elle n’a pas pu être .

Le père, professeur à l’université a souffert toute sa vie de ses origines chinoises, du racisme , il est obnubilé par l’intégration de ses enfants, qu’ils aient des amis…

La réponse sera révélée avec brio, par petites touches subtiles suite à la dissection d’un microcosme familial précis qui résonne très vite en réflexion universelle sur les ressorts familiaux.
Désir de revanche sociale transféré sur l’enfant, poids du racisme et sexisme dans la construction de névroses personnelles, rapport de force dans une fratrie lorsqu’un des enfants est privilégié, les renoncements, bref toute la pression ordinaire que peut engendrer la cellule familiale est analysée avec une acuité et une finesse psychologique incroyables.
Certaines pages sont bouleversantes, comme celle où, alors que sa mère a fui le domicile conjugal, Lydia ouvre le livre de cuisine de sa mère, et en découvrant les traces de larmes sur certaines pages réalise les frustrations et les renoncements de sa mère à une carrière brillante de médecin. Un choc qui l’entraîne à une promesse silencieuse : si sa mère revient, elle se conformera pour toujours aux rêves de cette dernière, elle sera la fille idéale, elle sera médecin, elle étouffera ses aspirations sous un masque de sourires.

En parallèle, les deux autres enfants , Nathan l’aîné trouve sa vocation en astronomie sans que quiconque ne intéresse réellement à lui. Tandis que la petite dernière observe les plus grands en se faisant oublier le plus possible puisqu’elle n’était pas vraiment souhaitée. Elle comprend avant tous le drame qui est entrain de se nouer. Un roman subtil, brillant, finement et intelligemment mené.

Mille femmes blanches de Jim Fergus

Marie-France présente : Mille femmes blanches de Jim Fergus (proposé également par Françoise)

En 1874, à Washington, le président Grant accepte la proposition incroyable du chef indien Little Wolf : troquer mille femmes blanches contre chevaux et bisons pour favoriser l’intégration du peuple indien. Si quelques femmes se portent volontaires, la plupart viennent en réalité des pénitenciers et des asiles… l’une d’elles, May Dodd, apprend sa nouvelle vie de squaw et les rites des Indiens. Mariée à un puissant guerrier, elle découvre les combats violents entre tribus et les ravages provoqués par l’alcool.

Aux côtés de femmes de toutes origines, elle assiste à l’agonie de son peuple d’adoption…
« Un roman splendide, puissant et engagé » – Jim Harrison.

Tracy Chevalier

A l’orée du verger de Tracy Chevalier
En 1838, la famille Goodenough s’installe sur les terres marécageuses du Black Swamp, dans l’Ohio. Chaque hiver, la fièvre vient orner d’une nouvelle croix le bout de verger qui fait péniblement vivre ces cultivateurs de pommes. Quinze ans et un drame plus tard, leur fils Robert part tenter sa chance dans l’Ouest et sa soeur Martha n’a qu’un rêve : traverser l’Amérique pour lui confier un lourd secret. Des coupe-gorge de New York au port grouillant de San Francisco, A l’orée du verger nous plonge dans l’histoire des pionniers et dans celle, méconnue, des arbres, de la culture des pommiers au commerce des arbres millénaires de Californie.

Polygame solitaire Udall

Le polygame solitaire de Brady Udall

Après « Le Destin miraculeux d’Edgar Mint », Brady Udall raconte l’histoire exceptionnelle d’une famille non moins exceptionnelle.
À quarante ans, le très mormon Golden Richards, quatre fois marié et père de vingt-huit enfants, est en pleine crise existentielle. Son entreprise de bâtiment bat de l’aile, son foyer est une poudrière minée par les rivalités et les menaces d’insurrection. Rongé par le chagrin depuis la mort de deux de ses enfants, il commence sérieusement à douter de ses qualités de père et de sa capacité à aimer. Golden Richards, tragiquement fidèle à ses idéaux, se sent seul.
Mais dans le désert du Nevada, il va découvrir que l’amour est une mine inépuisable. Porté par une verve aussi féroce qu’originale, Le polygame solitaire nous parle avec humour du désir et de la perte, de la famille et de l’amour.

Berthe présente deux livres de Richard Ford

En toute franchise de Richard Ford

En toute franchise de Richard Ford

Nous sommes en 2012. Frank Bascombe, le héros récurrent de Richard Ford, en a fini avec sa vie d’ancien journaliste sportif et agent immobilier. À 68 ans, il coule une retraite paisible dans une ville tranquille du New Jersey. Paisible… jusqu’à ce que l’ouragan Sandy vienne frapper la côte est des États-Unis.
Frank rend visite à son ex-femme, laquelle vit désormais dans une résidence médicalisée ; recueille les confessions d’un vieil ami ; et se trouve confronté à ses propres préjugés. En toile de fond, l’Amérique d’aujourd’hui, avec la bataille présidentielle Obama/Romney et la crise économique.
Caustique, bavard, malicieux et politiquement incorrect, Frank Bascombe demeure incontestablement l’un des personnages les plus attachants de la littérature américaine actuelle. De quoi satisfaire ses nombreux fans, qui ne cessent de le réclamer depuis la parution de L’État des lieux.

Richard Ford we Michigan

Un week-end dans le Michigan de Richard Ford

Franck Bascombe est journaliste sportif.
Divorcé, il vit seul dans une banlieue cossue de la côté est des Etats-Unis. Pourquoi, après des débuts prometteurs, a-t-il renoncé à l’écriture ? Quel drame a bien pu détruire son mariage ? Les flashs-back qui parsèment ce roman, dont l’action se déroule sur trois jours, apportent des éléments de réponse. Mais aucune de ces explications ne vient à bout du mystère qui enveloppe le narrateur. Après les exploits pyrotechniques de ses débuts, Richard Ford commence ici un nouveau cycle romanesque centré sur l’intimité, le secret, et le deuil d’une jeunesse à jamais perdue.

 

 

Compte rendu à suivre dans un prochain article avec les choix de Catherine

 

Les personnes intéressées pourront rencontrer les membres du groupe jeudi 3 octobre à la soirée conviviale de l’association Vivre aux Chaprais au FJT La Cassotte 18 rue de la Cassotte à 18 h 30

Prochaine rencontre le mercredi 16 octobre à 16 h 30 chez l’animatrice

Thème : la littérature nordique (des auteurs de pays tels que la Norvège, la Suède, l’Islande..)

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