Si les Chaprais connaissent la musique, ça ne gaze pas toujours!…

Un article publié sur ce blog le 11 mai 2019 affirmait Aux Chaprais, on connait la musique. Il s’agissait alors d’évoquer l’histoire de La Fanfare des Chaprais créée en 1860!

Maintenant, à l’occasion du concert des classes de musique de chambre du Conservatoire, en particulier des Clarinettes du Conservatoire, concert qui se déroulera samedi 15 juin, à 18h30, à l’église des Chaprais, évoquons l’histoire d’une autre société: L’Union Musicale des Chaprais, créée le 24 août 1905 comme l’indique leur papier à en-tête et dont le siège se situait au 44 rue de Belfort, c’est à dire à l’emplacement du bureau de poste des Chaprais actuel.

 

Le Café Français était situé au n° 42 de la rue de Belfort

Si l’on en croit l’annuaire Fournier, en 1936, puis 1946 résidaient au 44 rue de Belfort de nombreux habitants et un commerce de vins en gros était tenu par M. P. Brochet.

Une photo de Bernard Faille,  prise en avril 1965, montre que le nouveau bâtiment de la poste des Chaprais, au 44 rue de Belfort, n’est pas terminé. Il sera inauguré en septembre de la même année. Un habitant du quartier peut-il nous faire part de ses souvenirs sur ce lieu?

poste en construction rue de Belfort

44 rue de Belfort, le nouveau bureau de poste est en cours de construction en avril 1965

Revenons à l’Union Musicale des Chaprais. Dès le 3 août 1905,  alors que cette société est en cours de constitution, son délégué provisoire domicilié 66 rue de Belfort, demande à la mairie, l’autorisation d’effectuer une retraite aux flambeaux le samedi 4 août 1905, dans le quartier. Autorisation accordée.

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Le 20 août 1905, la Présidence d’honneur de l’Union Musicale est proposée au maire de Besançon ( Alexandre Grosjean maire, radical, élu le 30 mars 1906), qui accepte volontiers.

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Mais le 20 août 1906, elle refuse de participer à une retraite aux flambeaux et à un concert au Casino, organisés à l’occasion de la Coupe du Matin et ce « …en raison de la formation trop récente de notre société »…Pourtant un an auparavant !…

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Ensuite, elle organise des tombolas afin d’acheter des instruments de musique à ses membres. Elle sollicite un lot auprès de la mairie qui demande l’avis du Préfet! Qui est d’accord : le lot est accordé et l’Union remercie la municipalité. Tout ce courrier est conservé aux archives municipales.

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En 1909, là ça ne va plus « gazer » du tout! Jugez en plutôt.

Le 30 juin 1909, par courrier adressé à la mairie, l’Union Musicale sollicite l’autorisation de donner un concert, le samedi 3 juillet, sous le kiosque de la promenade Micaud. Elle demande également, puisque le concert se déroulera le soir, à partir de 21h, que le kiosque soit éclairé.

Le programme est annoncé dans Le Petit Comtois en date du 3 juillet (un musicien pourrait-il nous indiquer si ces morceaux sont toujours joués?…)

Trompette-Marche (G. Parès), allégro;

Carillon joyeux (A. Adroit), fantaisie;

Rêverie d’automne (E. Wesly – Parès), nocturne;

Une soirée près du lac (F. Leroux), fantaisie;

Mazurka pour hautbois, soliste M. Lazar;

Parfum d’éventail (Noko Ghika.Allier), valse.

Il est précisé qu’en cas de mauvais temps, ce concert serait remis à une date ultérieure, mais que MM. les musiciens sont priés de se réunir au siège social, à 8h1/4 précises, même s’il pleut; en ce cas il y aurait répétition.

Mais là, pas de chance! Ce n’est pas la pluie qui provoque l’annulation du concert mais l‘absence d’éclairage du kiosque! Une vive protestation est adressée aussitôt à la mairie,  reprise dès le lendemain dans Le Petit Comtois, en date du 4 juillet 1909.

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Vous vous demandez, bien sûr, pourquoi l’éclairage n’avait pas fonctionné!

La mairie, dans sa réponse, explique tout simplement qu’il avait bien été commandé à la société d’éclairage au gaz de la ville, qu’il avait bien été installé, mais que….l’on avait oublié d’ouvrir les compteurs!!!

Espérons qu’il n’en sera pas de même lors du concert de musique de chambre en l’église Saint Martin des Chaprais.