Le réseau de renseignements franco-suisse Micromégas

A plusieurs reprises nous avons évoqué ce réseau de renseignements mis en place sous l’Occupation. Car deux résistants bisontins importants, tombés lors des combats pour la libération de Besançon, en faisaient partie : Pierre Rimey et le colonel Gustave Filippi. (voir à ce sujet les articles qui leur sont consacrés sur ce blog).

Un livre fort bien documenté vient de paraître concernant ce réseau,  grâce aux recherches de M. Yves Mathieu, ancien directeur départemental de la sécurité publique (auteur également de  » Le réseau Ajax, des policiers dans la Résistance »).

Le titre de cet ouvrage ? « Une résistance franco-suisse, le réseau Micromégas »,aux éditions CABEDITA.

 

Pierre Rimey et Gustave Filippi font tous deux l’objet de précisions importantes.

Ainsi Pierre Rimey, né, rappelons le, le 25 août 1922 à Luxeuil les Bains. A son sujet, M. Yves Mathieu nous précise, entre autres : « bachelier à 18 ans, se sentant une vocation pour le métier des armes, il passe sans succès le concours d’admission à Saint-Cyr. Au moment de l’exode, avec sa famille – son père est médecin – il reflue en Zone Sud, et le hasard veut qu’il rencontre son ancien professeur d’allemand Emmanuel Handrich, vétéran de la guerre de 1914-1918″…

Pierre Rimey identiteés

 Photo DR : assdn.org

Tous deux désapprouvant l’armistice et Vichy tentent de gagner Londres afin d’y retrouver le général de Gaulle. Mais finalement ils décident de créer un réseau de renseignements. Dès septembre 1941, c’est effectif et le réseau, sous le nom de groupe Pierre, est ensuite baptisé Jacques Messmer . Couvrant une partie de la Normandie et de la Bretagne, les renseignements collectés prennent la direction de la Suisse, Genève plus précisément où se trouve l’état major du renseignement français. M. Yves Mathieu estime qu’il regroupait une quarantaine d’agents qu’il a d’ailleurs dûment recensés.

Dans un chapitre consacré à la construction du réseau Micromégas, M. Yves Mathieu écrit :

« Micromégas est un réseau dont les racines se situent En Suisse. On le sait, dès le début de la guerre, le pays craint d’être envahi par les troupes allemandes ou italiennes. Il a mobilisé ses officiers de renseignements dans le but de prévenir toute attaque surprise. C’est dans ce contexte que Paul de Saugy est amené à constituer ses propres structures, en recrutant pour le compte de la Suisse des agents français qu’il déploie sur le sol de leur pays. »…

Qui est Paul de Saugy ? Il fait partiE des trois piliers de l’aventure Micromégas nous précise l’auteur de ce livre. Jeune lieutenant dans l’armée suisse, il sera recruté pour développer ce service de renseignements. Deuxième pIlier : Raymond Lévy dit Brival né en 1913 à Paris. Passé en Suisse fin 1942, il est pris en mains  par le service suisse sous l’autorité de Paul de Saugy. Enfin troisième pilier, Simon  Cotoni, 36 ans en 1940, commissaire de police, chef de la brigade de surveillance du territoire à Nice. Suite à de premières activités de résistant dès 1941, menacé, il passera en Suisse fin 1942. 

Bien sûr, nous n’allons pas vous résumer l’ensemble de la recherche de M. Yves Mathieu : il faut lire son livre!

Mais  revenons à Pierre Rimey. C’est à partir d’avril 1943 que son réseau travaille pour le compte de l’officier suisse Paul de Saugy. Et après son intégration, en janvier 1944 à Micromégas, Pierre Rimey, recherchant des débouchés supplémentaires pour ses renseignements et de nouvelles sources de financement, va fusionner avec le groupe Marco de Guy Jousselin Saint Hilaire ( sans en avoir informé Paul de Saugy ou Simon Cotoni). Mais il sera très vite écarté au printemps 1944 et envoyé en Franche-Comté, ce qui explique sa participation aux combats pour la libération de Besançon au cours desquels il trouvera la mort. Rappelons qu’il est enterré au cimetière des Chaprais.

La plaque appoosée sur la tombe de Pierre Rimey indique qu'il était un grand chrétien.

Quant à Gustave Filippi pour lequel, comme Pierre Rimey, M. Bernard Carré a retracé sa biographie, il connaît bien Pierre Rimey.

Gustave Filippi

Gustave Filippi

 » Fin juillet 1944, Gustave Filippi annonce dans une lettre à l’adresse de Simon Cotoni, qu’il dispose de chefs de districts à Besançon, Belfort, Vesoul, Dole, Lons-le-Saunier ». Son groupe est dénommé Papillon. Il est alors très préoccupé de sa position d’agent de renseignement et souhaite être reconnu comme FFI. Il adresse à ce sujet plusieurs courriers à Simon Cotoni.

Il sera tué aux côtés de Pierre Rimey lors des combats pour la libération de Besançon. D‘abord enterré au cimetière des Chaprais, son corps a été transféré à celui de Toulouse où habitait sa famille et où réside toujours son fils Jean-François. Rappelons qu’une plaque a été apposée l’an passé au 131 rue de Belfort, à Besançon, là où il résidait alors.

plaque Gustave Filippi

Est plaque Gustave Filippi

Pour toutes les personnes intéressées par cette période de l’Histoire, ce livre apparaît indispensable !

Si vous avez  des questions à poser à M. Yves  Mathieu, n’hésitez pas à nous adresser  un message que nous lui transmettrons.                                       .

J.C.G