Le Parc des Chaprais : un bel hommage des chapraisiens à la mémoire d’André Millot

Un bel hommage a été rendu à André Millot dans le cadre de la fête de quartier, le 23 juin dernier, dans le parc des Chaprais. Parc que M. André Millot a donné, il y a 40 ans à la ville et à ses habitants.

Danièle Dard 1° Adjointe au Maire

 

Madame Danièle Dard, Première adjointe au maire rappelle les conditions émises par M. André Millot pour cette donation

(voir article en date du 16 juin 2018)

La fête organisée par l’ASEP avec l’aide de quelques 13 autres organismes ou associations( dont Vivre aux Chaprais) était, à cette occasion placée sous le thème du journalisme : la famille Millot qui possèdait, rappelons le,  une imprimerie rue Gambetta, était en effet propriétaire du quotidien Le Petit Comtois (1883-1944). 

 

Aussi la commission Patrimoine et Partage du CCH Chaprais/Cras a proposé dès 11h00 une conférence de M. Joseph Pinard sur l’histoire de ce journal.

Joseph Pinard historien

Le premier numéro est paru le 1er août 1883. Il est, au départ, créé par le sénateur Jules Gros, imprimé par l’entreprise familliale Millot avant de devenir, par achats successifs d’actions, propriété des Millot. Il est alors l’organe quasi officiel des radicaux socialistes de Franche-Comté. Et il est violemment anticlérical!

A tel point que M. Joseph Pinard, rappelle que dans une Lettre Pastorale de Mgr l’Archevêque de Besançon, François-Léon GAUTHEY édicte une « Ordonnance relative à la vente, à l’achat et à la lecture du journal quotidien Le Petit Comtois ». Cette ordonnance aurait été lue en chaire, lors des offices religieux, dans toutes les églises de Franche-Comté? Elle a été publiée le 1er mars 1913 dans Semaine Religieuse.

Conférence de J Pinard sur le Petit Comtois

Une vue de l’assistance pour cette conférence 

Dans cette lettre pastorale, Mgr Gauthey livre tout d’abord aux paroissiens des  considérations générales sur « ..l’influence de la presse, à notre époque,…considérable… »,  et sur « …la mauvaise presse… ». C’est, à l’époque, il faut le souligner, une préoccupation de l’Eglise, puisque sont rappelés dans cette lettre pastorale les termes d’une autre lettre pastorale émanant de Son Éminence le cardinal archevêque de Paris sur la presse lors du Carême de 1912!

Monseigneur Gauthey séminaire de Lure

Monseigneur Gauthey au séminaire de Lure

 

Puis Mgr Gauthey  dans son ordonnance, rapporte quelques propos violemment anti-cléricaux relevés dans le  quotidien radical-socialiste Le Petit Comtois :  » …il a outragé des prêtres et des religieux qu’il traite « d’intolérants » , « fanatiques », « d’hypocrites »; ».. les pélerinages sont «  ..les grands bazars de la dévotion… »; « …Notre-Seigneur Jésus Christ .. »: y est qualifié de  « Christ hypothétique ». Etc.

Ce qui fera dire, à la suite de la lecture de cette lettre, à Madame Catherine Millot que «  le Petit Comtois n’y allait pas avec le dos de la cuillère!… ».

Et donc, cette lettre pastorale conclut :

« A CES CAUSES ET POUR CES MOTIFS, Nous avons décrété et décretons ce qui suit :

1° Devra être considéré comme coupable de péché grave, tout fidèle qui, sans motif sérieux, dont Nous renons à rester seul juge, achètera, vendra, ou lira habituellement Le Petit Comtois (Nous admettons toutefois qu’on puisse s’adresser, pour ce sujet, à Nos vicaires généraux comme à Nous.)

2° Ce péché, en ce qui concerne l’admission aux sacrements sera traité, par les confesseurs, comme les autres péchés d’habitude, selon les règles de la théologie morale.

Et sera Notre présente Ordonnance, avec la lettre qui la précède, lue et pobliée dans toutes les églises de Notre diocèse, le dimanche 2 mars, quatrième de carême.

Donné à Besançon, en Notre résidence de la Porte Noire, sous notre sceau et Notre seing et le contre-seing du Chancelier de Notre archevêché, le 25 février 1913, au septième anniversaire de Notre sacre. »

Inutile de préciser qu’il faut remettre dans le contexte historique de l’époque un tel texte!

Merci à M. Joseph Pinard de nous l’avoir aimablement communiqué.

Nous reviendrons cet automne sur les rapports évoqués par M. Joseph Pinard entre Le Petit Comtois et La République de l’Est du marquis Léonel de Moustier, mort en déportation.

Photos : Alain Prêtre (DR)