Le mois de juin 1940 à Besançon : l’arrivée de l’armée allemande…

En 1941, le journal Le Petit Comtois publie un Almanach. Rappelons que la famille Millot, propriétaire de ce quotidien résidait dans le quartier des Chaprais et que son imprimerie était située rue Gambetta. Fondé le 1er août 1883, le journal fut interdit par l’occupant le 22 mai 1944. Il ne devait jamais reparaître et fut remplacé par Le Comtois.

le Petit Comtois dernier n° 22 mai 1944)

Le dernier numéro du journal, le 22 mai 1944 (source Mémoirevive Besançon)

Rappelons également que Le Petit Comtois n’a pu paraître du 16 au 26 juin inclus. Nous aurons l’occasion, dans un prochain article, de vous livrer le contenu du journal daté du 27 juin 1940.

Dans cet almanach, plus de 7 pages sont consacrées à un article intitulé « Le mois de juin 1940 en Franche-Comté » relatant l’invasion de notre région par les troupes allemandes. Voici la partie de ce texte concernant Besançon. N’oublions pas que ce texte a été soumis à la censure des autorités d’occupation….

Dès le vendredi 14 juin 1940, l’annonce, à Besançon,  de l’avance allemande vers Langres et Saint Dizier…  » précipita l’exode d’une partie de la population bisontine. Les départs s’accélérèrent dans la journée de samedi qui, d’autre part, vit passer dans la ville d’énormes contingents de soldats en retraite.

L’autorité militaire en prévision des événements, prit à ce moment la décision de faire sauter les ponts, malgré les objections de l’autorité préfectorale et de la municipalité. L’ordre d’évacuation de la ville, qui était déclarée « ouverte », fut alors donnée et toutes les formations militaires quittèrent leurs cantonnements ou leurs bureaux, ne laissant aux environs que quelques défenseurs, et, à l’hôpital, les malades sous la garde de M. le médecin-commandant Chaton et d’infirmières dévouées.

La nuit du samedi au dimanche fut calme, mais le lendemain, à 7 heures, on entendait le canon tonner en direction de Gray. Le bruit se rapprocha rapidement et, vers midi, les premiers obus tombèrent sur la ville, où la première communion avait été célébrée le matin même dans toutes les églises.A ce moment, des avions apparurent haut dans le ciel et descendirent pour mitrailler la voie ferrée et, sur la route de Dole, les retardataires.

A 16 heures, une voiture d’ambulance américaine, le dernier véhicule militaire, traversa la ville se dirigeant vers Lyon. Quelques instants plus tard, l’autorité militaire faisait sauter les ponts de Canot et de Battant. Le premier s’écroula entièrement; quant au second, il ne perdait qu’une seule arche du côté de Battant et le canal de dérivation sous la place Jouffroy.

juin 40 destruction pont canot

Pont Canot détruit

juin 40 pont battant détruit

Pont Battant détruit

              

L’émotion causée par cette double explosion fut d’autant plus vive que la chute des obus précipitait son rythme sans toutefois entraîner de dégâts sérieux. L’un de ces projectiles éclata au-dessus de la cour de l’Hôtel de Ville. A 17 heures, le pont de Bregille et le pont du chemin de fer de Rivotte sautaient à leur tour, tandis qu’on mettait le feu au dépôt d’essence des Prés de Vaux, d’où s’échappa un épais nuage de fumée noire et des flammes immenses qui firent flamber les peupliers voisins.

juin 40 destruction pont bregille

Pont Bregille détruit

juin 40 destruction pont rivotte

Pont Rivotte détruit

Le pont de la République s’était abîmé entièrement à 16 h 30; l’intervention pressante de M. le Préfet n’avait pu le sauver. Le seul résultat de ces destructions fut d’isoler pendant plusieurs jours la boucle du Doubs de la banlieue et de priver le canton nord d’eau, de gaz et d’électricité. »

Pont de la République détruit

A suivre…La semaine prochaine, les combats sans Besançon et à proximité….

Sources photographiques : site Mémoirevive  et photothèque de la ville de Besançon.