Le 27 juin 1940, Le Petit Comtois reparaît !…

La conférence de M. Joseph Pinard, samedi 23 juin à 11h00 dans le Parc des Chaprais sur l’histoire du journal Le Petit Comtois et l’hommage rendu par les habitants, à André Millot, le généreux donateur de ce parc, a rencontré un beau succès. Nous en reparlerons le samedi 30 juin prochain. Évoquons pour l’instant un moment clé de l’Histoire du Petit Comtois.

Nous avons déjà évoqué, dans un article précédent, la non parution de ce quotidien le jour de l’arrivée des troupes allemandes à Besançon, le 16 juin 1940.

Le Petit Comtois 27 juin 1940

Dès le 27 juin suivant, le journal reparaît avec le communiqué suivant, sur une colonne :

A nos lecteurs

Après une interruption de 19 jours, Le Petit Comtois reparaît à la demande des autorités préfectorale et municipale.

Son format est certes réduit, mais il est important d’établir une liaison quotidienne entre les autorités allemandes, les aministrations françaises et la population.

La feuille que nous publions à partir de maintenant avec des moyens de fortune ne comprendra que des avis à caractère strictement officiel ainsi que le communiqué du Grand Etat Major Allemand dont la publication est exigée par les autorités d’occupation.

Pour l’instant et jusqu’à nouvel ordre les services postaux et ferroviaires sont suspendus. Le journal sera mis en vente exlusivement à Besançon et dans la banlieue. Lorsque le trafic normal sera rétabli, nous pourrons envisager la reprise du service à nos abonnés. Qu’ils nous excusent d’un état de choses indépendant de notre volonté.

La kommandantur a bien voulu nous autoriser à insérer les annonces, réclames ainsi que les avis de décès. Tous ces documents seront reçus à l’agence Havas place du 4 septembre, comme par le passé; ils seront soumis par nos soins au visa de l’autorité allemande.… En contribuant à la reprise de la vie économique et au maintien de l’ordre, nous sommes certains de servir utilement la cause commune. »                                           

Poursuivons la lecture du journal. 

Quai Vauban

 

« Ordre de la Kommandantur

La population est invitée :

1°) A s’abstenir de toute manifestation bruyante, à observer l’ordre le plus rigoureux et à reprendre le travail.

2°) A s’abstenir de toute relation avec les prisonniers de guerre et à ne stationner en aucun cas et sous aucun prétexte à proximité des camps où ces prisonniers sont gardés. Les vivres et autres objets destinés aux prisonniers doivent être remis à la Kommandantur qui se chargera de les faire parvenir à destination.

3°) Il est expressément défendu de faire parvenir aux prisonniers de guerre des vêtements civils. Toute infraction à ce réglement serait considérée comme un acte d’espionnage et puni de mort.

4°) Provisoirement toute communication par téléphone, télégraphe ou par lettre est suspendue. Les bureaux de poste ne restent ouverts que pour le paiement des rentes et pensions. »

passage pont Battant détruit en 40

Pont Battant : le passage des civils

Autres articles à la « Une »…

Une heureuse Initiative

« Pour faire face aux besoins nouveaux créés par la situation, M. Charles Fesselet, premier adjoint, faisant fonction de maire, a organisé à l’aide de bénévoles, certains services dont plusieurs fonctionnent déjà »…

L’Armistice est conclue

« Le 24 juin 1940, à 19h15 l’Armistice a été signé entre les délégués du gouvernement français et le gouvernement de l’Italie. A 19h35 le gouvernement italien a porté à la connaissance du gouvernement allemand que l’Armistice a été signé. Les hostilités ont donc cessé le 25 juin 1940 à 19h35 (heure allemande). Ordre a été donné aux troupes allemandes d’interrompre les opérations à 19h35 ».

Fabrication de pain

« Depuis le lundi 24 juin 1940 il est interdit aux boulangers de fabriquer du pain de fantaisie et de vendre du pain frais.

La fabrication des croissants est interdite ».

Soupes populaires

Prêts de chevaux et de mulets

« Le Préfet du Doubs fait connaître que les cultivateurs qui auraient besoin de chevaux et de mulets sont invités, en accord avec la Kommandantur, à venir les choisir dans les parcs environnants Besançon et à les déclarer en arrivant à destination aux maires des autres communes. pour tous renseignements s’adresser à M. Beucler directeur des abattoirs de Besançon ».

juin 40 pont canot provisoire

Pont Canot, le pont provisoire

Le Maire de Besançon à la population

« La municipalité et les autorités responsables font appel à la bonne volonté de toute la population pour que rapidement prennent fin à Besançon les grandes misères résultant des événements récents.

Déjà l’eau, le gaz, l’électricité sont rendus à la majorité des usagers. Tous seront servis incessament.

Les moyens de circulation s’améliorent. De gros efforts sont encore nécessaires. Il faut que l’esprit d’entre aide règne partout, nous puiserons dans nos sentiments patriotiques la volonté d’empêcher toutes nouvelles difficultés de surgir. Nous nous efforcerons de surmonter celles qui existent. Nous désirons surtout voir renaître l’activité économique qui assurera la vie de chacun. Nous accomplirons notre devoir dans le calme, dans l’ordre et dans la dignité.

L’adjoint faisant fonction de maire Charles Fesselet. »

pont Battant en 1940

Reconstruction du pont Battant

Communiqués officiels. Grand Etat Major allemand (transmis par la kommandantur locale)

Communiqué qui informe la population des actions militaires des troupes allemandes des 25 et 26 juin 1940.

Réouverture des Ecoles

Commerçants et Industriels . Ordre de la Kommandantur

« Le maire rappelle que les commerçants sont tenus d’accepter la monnaie allemande sous peine de graves sanctions ».

A MM. les libraires

 » Par ordre des autorités allemandes, MM. les libraires sont invités à déposer immédiatement à la mairie (hall rez de chaussée) tous les exemplaires des ouvrages hostiles au régime allemand. Ces ouvrages seront détruits par les soins des autorités municipales. Mrs les commissaires de police sont chargés de l’exécution de cette décision ».

Enfin, au dos de la première page, dans la rubrique Etat Civil, il est annoncé 104 décès dont 54 militaires français !

Sources photographiques : Photothèque ville de Besançon; la plupart des clichés sont de M. Daniel Bourguignon.