Rencontre avec Myriam Larrière peintre

Interview de Myriam Larrière peintre

Myriam Larrière atelier

Vous participez aux Rencontres avec les artistes des Chaprais en proposant des « compositions » Pourquoi ?

Rencontre artistes et soutiens

Je suis très contente qu’il y ait une telle rencontre au niveau du quartier où j’habite, ce qui, il me semble n’avait jamais eu lieu.

Myriam Larrière bouquetMyriam Larrière bouquet 3
Les compositions que je présente, sont le résultat d’un travail de dessin et de peinture à partir de bouquets, mais ce n’est pas le bouquet qui m’intéresse, c’est l’élaboration d’une œuvre picturale au-delà du bouquet, une composition .

Depuis quand pratiquez vous une activité artistique ?

J’ai dessiné comme beaucoup d’enfants et continué. Je me souviens qu’en classe de maternelle, il y avait une reproduction de «la jeune fille aux fleurs» de Renoir. Ce fut ma première rencontre avec une image de peinture. En 1982, à 22 ans, j’ai passé trois concours d’admission, deux dans des écoles d’Arts et un à l’Ecole Normale. J’ai été admise aux trois, j’ai du choisir et ça a été l’Ecole Normale et le métier d’institutrice spécialisée. Mais 10 ans plus tard,  je suis revenue au dessin et à la peinture par petites touches et puis très sérieusement à partir de 1998 pour ne plus m’arrêter.

portrait par Myriam Larrière

Quelle formation avez-vous reçue dans le domaine de la peinture ?

J’ai suivi des cours du soir à l’ASEP, 7 ans avec Issao Takahashi puis 10 ans avec Christian Fumagalli. J’ai aussi participé parallèlement à des stages avec Elisabeth Bard.

Y a-t-il des peintres célèbres qui vous inspirent ou qui sont des coups de coeur ?

Il y a l’oeuvre de Rembrandt, celle de Matisse, de Mondrian, de Malevitch mais aussi celle de Martial Raysse, d’ Alexandre Hollan ….

Avez-vous des thèmes habituels ?

Brodequins Rembrandt

Non, ça change. J’ai essayé de m’approprier les thèmes de la peinture classique : natures mortes, nus, paysages etc …

 Myriam Larrière : chaussures

Il y a eu aussi des supports privilégiés tels que des brodequins, des bouquets, mais pour moi, ils ne sont que des points de départ, des prétextes à la peinture et, ou au dessin.

Avez-vous une ou des couleurs favorites ? Non.

Myriam Larrière

Comment procédez vous ?

J’ai un point de départ, mais je ne sais jamais sur quoi ça va déboucher. Une composition peut prendre des dizaines d’heures et quelquefois, c’est très rapide pour atteindre un point d’équilibre satisfaisant. J’aime le moment où je suis en train de  peindre ou de dessiner.

Votre peinture est-elle plutôt figurative ou abstraite ?

Myriam Larrière feuillages

Je pars de quelque chose de concret par exemple un bouquet de fleurs et je réalise une série de travaux. Au début, on voit encore le bouquet, c’est encore figuratif et peu à peu je me libère de cette figuration.

J’aime faire des séries, des variations du même thème. A un moment j’arrête, le sujet ne m’inspire plus, mais cela peut durer des mois voire des années !

Compositions NB Myriam LarrièreMyriam Larrière NBCompositions Myriam Larrière

Vous avez une autre activité ?

Je suis professeur des écoles, spécialisée. Je travaille avec des élèves qui ont des difficultés à apprendre à l’école primaire. Auparavant, j’avais une classe dite « d’adaptation » et je pouvais proposer entre autres des arts plastiques comme support d’apprentissage. Maintenant ces classes ont disparu, mais il y a toujours des élèves en difficulté d’apprentissage. C’est moi qui me déplace dans 6 écoles dont une du quartier (l’école Paul Bert). J’interviens dans le cadre d’un projet construit avec les enseignants en maths et en français.

Quel lien avez-vous avec le quartier des Chaprais ?

J’y vis depuis 1990. Je n’ai jamais déménagé, preuve que ce quartier me convient ! Depuis 1998, j’y vis et j’y travaille. J’ai exposé à l’ASEP

Myriam Larrière expose ASEP

Votre avis sur le quartier des Chaprais ?

J’aime beaucoup mais je partage l’avis M Daniel Perrot l’ancien buraliste que je croisais souvent dans le quartier : la surenchère à la construction d’immeubles dans le moindre espace fait que des coins sympas disparaissent au profit de constructions standardisées. C’est dommage. Parallèlement, il y a des initiatives intéressantes dans le quartier comme le Café des pratiques.