Rencontre avec Eva Marty Sidibé plasticienne

Rencontre avec Eva Marty Sidibé plasticienne

D’où est venu votre goût pour les pratiques artistiques ?
Depuis ma petite enfance, j’ai ressenti le besoin de contempler puis de reproduire la beauté du monde.

Eva Marty Sidibé
Quelle formation avez-vous reçue ?
J’ai eu mon bac A3 littéraire-arts plastiques. Puis j’ai fait le cursus des 5 ans aux Beaux Arts de Besançon, suivi d’une année en licence d’ethnologie. Mais le caractère formaté de ce dernier enseignement ne me convenait pas. J’ai besoin de me nourrir librement de sources intellectuelles et variées.
Parmi les différentes pratiques artistiques avez vous une préférence ?
J’ai toujours préféré le dessin. J’aime particulièrement l’encre. Mais je ne ferme pas de portes. Au contraire, le «papillonnage» est pour moi un atout. Cette curiosité m’amène sur des champs de riches recherches que je peux même par la suite transmettre.

Eva dessine
Y a-t-il des artistes qui vous ont marqué, des coups de coeur ?
Oui, il y en a plein. J’en citerai trois : un peintre Rembrandt, un écrivain Kenneth White et un auteur-compositeur Patti Smith.

Avez-vous des thèmes de prédilection ?
On ne peut pas dire des thèmes mais j’exprime ma petite philosophie. Je veux explorer le monde dans tous les sens. Je reprendrai une citation d’Aimé Césaire : « être poreux à tous les souffles du monde » François Cheng dit quelque chose d’équivalent.

Eva Marty Sidibé l'enfant debout
Diriez-vous que votre peinture est plutôt abstraite ou figurative ?
C’est souvent du figuratif, mais ouvert. Le spectateur fait la moitié du travail. J’ai une interprétation mais il peut en avoir une autre. C’est cela qui est enrichissant.

peinture inachevée d'Eva Marty Sidibé
Avez-vous des couleurs préférées ?
J’aime toutes les couleurs. Mais le noir est fabuleux. Quand je regarde la calligraphie chinoise, je me dis que c’est sublime, c’est parfait.
Quelles matières utilisez-vous ?
C’est selon. Avant de commencer, je me demande avec quoi je veux exprimer ce que je ressens. Ou alors, c’est une matière qui s’impose à moi. J’utilise beaucoup la photo au quotidien pour travailler mon regard.

Eva Marty Sidibé photographe

J’aime bien les encres. Parfois, je les fabrique moi-même.
Avez-vous exercé d’autres activités professionnelles ?
Je me suis occupée de déficients mentaux pendant des camps de vacances (7 mois en tout). Cela m’a beaucoup enrichi. Évidemment, je me débrouillais pour leur proposer des activités artistiques.
Votre activité ne se limite pas à produire des oeuvres, vous voulez faire partager, est-ce une volonté d’enseigner ou d’animer ?
A la base, un artiste est un médiateur. Je ne suis pas animatrice, je fais des interventions. J’aime la transmission. J’ai commencé quand j’étais en quatrième année des Beaux Arts. Je faisais partie d’une association d’art-thérapie Gri-gri l’antigris qui intervenait à Bellevaux auprès des personnes âgées. Ensuite je suis partie pendant 8 ans travailler à Mâcon dans un dispositif de la mairie, en plus d’ateliers quotidiens, je collaborais avec le musée des Ursulines en montant des projets et des conférences, en rapport avec leur collection.
Vous avez créé un atelier appelé Inua Pourquoi ?
J’adore les peuples premiers, ils m’inspirent, ils ont beaucoup à nous dire. Dans la langue Inuit, Inua veut dire « il y a de l’âme en toute chose : personnes, animaux, plantes, lacs et montagnes… »
Après 19 années d’expérience d’atelier, j’ai décidé d’ouvrir le mien au public il y a maintenant 6 ans. J’ai la volonté d’aider les personnes dans l’expression de leurs projets, d’où l’âme.
Atelier Inua
Qui fréquente cet atelier ? Il est destiné à qui ?
L’âge de mes élèves oscille entre 20 mois et 81 ans. J’ai des fidèles depuis le début. Je remarque qu’il y a peu d’hommes parmi les adultes. Chez les enfants et les ados, c’est mieux équilibré entre garçons et filles. J’ai plusieurs formules : Cours Particuliers, l’Atelier Ensemble, Les Enfants Après l’Ecole, les Après-Midis Créatifs, Dessin Philo et les Séances d’Eveil.
A quelles expositions avez-vous participé ?

Eva L'infini
Je viens de terminer une exposition de photos intitulée 52 semaines qui rassemblait dans un cabinet d’architecture les 52 photos proposées chaque lundi à mes abonnés.

Eva Marty Sidibé
Chaque année, je fais une exposition personnelle où j’installe selon le lieu choisi un aspect de mon travail très polymorphe. C’est comme aboutir un projet.
Il y a aussi l’exposition L’ Espace d’un jardin que j’ai créé et organise avec Pierre Chevignard, céramiste et jardinier, rue des Fluttes Agasses. Cela va être la cinquième édition en juin 2018. Nous invitons des artistes et artisans, professionnels et amateurs à exposer dans un beau grand jardin.

L'espace d'un jardin juin 2016
Par ailleurs, j’adore les collaborations artistiques. J’ai travaillé avec Cécile Paillard pour son livre La Beauté, avec Coline Gagneret sur le thème de La paix, avec Pierre Cugnet marionnettiste, avec Kiaramoon pour une collection de carnets originaux, avec Véronique Malet chanteuse lyrique, entre autres.

Eva Constellation aux grands yeux

 

Actuellement, je conçois une série de globes terrestres originaux pour Alain Sauter géographe-fabricant de globes à la technique exceptionnelle et rare. Voir son site web

Vous allez participer aux premières Rencontres avec les artistes des Chaprais les 17 et 18 mars Pourquoi ?

Rencontre artistes et soutiens
J’adore les rencontres, J’ai eu la chance d’être invitée. Je pense que ça va être très convivial. Il y aura des échanges d’idées, de sensations … Et j’aime bien l’idée du local : les héros sont là autour de nous ! Pas besoin d’aller à la capitale pour rencontrer des gens intéressants. Je vais proposer un atelier autour des encres. Les visiteurs pourront regarder, et essayer sur de petits formats, voir la différence d’effets selon le papier choisi, la technique et les différents moyens : calame, pinceau, plume, bout de bois, etc…
Quel est votre avis sur le quartier des Chaprais ?
Je pense que c’est un quartier majeur de Besançon qui sait allier la préservation du patrimoine et le développement contemporain. C’est aussi grâce à l‘association Vivre aux Chaprais qui monte la garde ! Il me semble qu’il y a un vrai esprit de quartier.
Avez vous d’autres occupations, passions ?
J’essaie d’être une bonne citoyenne. J’aime les débats d’idées. Le respect des êtres humains et de la nature est essentiel… Je participe à L’Espace citoyen Viotte d’où est née la gazette« La Viotte papote » et d’autres projets. L’ASEP, avec Pamèla Schillinger et Valérie Hincelin ont à coeur d’aider les habitants du quartier à s’épanouir.
Et puis, je suis maman…