Berthe Mahler peintre et sculpeur

Portrait de Berthe Mahler

Berthe Mahler

Depuis quand peignez-vous ?
J’ai toujours aimé peindre, mais avec une activité professionnelle (j’étais infirmière), ce n’est pas facile de tout concilier.
J’ai ressenti mes premières émotions artistiques à l’école primaire. Je dois rendre hommage à mon instituteur qui m’a appris à voir, à entendre et à ressentir. C’était un artiste qui avait créé un orchestre à Strasbourg (le Bébé Orchestre). Mon activité artistique a réellement commencé il y a trente ans après être venue suivre une formation aux Beaux Arts
En quoi a consisté cette formation ?
J’ai d’abord suivi des cours du soir durant plusieurs années aux Beaux Arts de Besançon, puis j’ai pris une année sabbatique pour suivre des cours en continu. Pour s’inscrire en peinture, il fallait d’abord suivre des cours de dessin. C’est la base. Je pensais avoir à peindre des cruches et des pots, des natures mortes, mais j’avais inversé les cours et c’était le cours de dessin académique. Il s’agissait de dessiner des nus.  Malgré l’effet de surprise, je m’y suis mise assez facilement avec beaucoup de plaisir. J’y allais le soir après le travail, je ne ressentais pas la fatigue… Mes connaissances en anatomie ont du m’être utiles. Il fallait donc dessiner des corps dans toutes les positions. Le plus difficile pour les modèles, c’est de tenir les postures. On fait aussi  des croquis rapides pour saisir le mouvement. Il y a des corps qui « parlent » et des corps qui n’ont rien à dire même avec une plastique parfaite. Je garde un très bon souvenir de cette époque. Ce que j’ai appris là, plus que de la technique, j’ai appris à oser. J’ai réalisé beaucoup de nus bleus au pastel. Pourquoi cette couleur ? Je n’en sais rien. C’était ma période bleue !

Et la sculpture ?
Je m’y suis mis plus tard. Jean Gilles, mon professeur de dessin académique était sculpteur.
Voir une vidéo Il m’a encouragé. Il m’a initiée à la gravure et à la sculpture par le modelage J’ai fait de la lino-gravure et des lithos, à l’école, il y a toujours une immense presse pour faire les tirages

sculpture de Berthe Mahler

Ce n’est que depuis une dizaine d’années que je me suis mis à la sculpture sur pierre. J’aime bien. Evidemment, je ne peux pas faire cela dans mon appartement. Je pratique à la campagne et à l’ASEP avec Claudy Pellaton. L’atelier pierre de l’ASEP a déjà exposé à trois reprises aux Invités au Festin

sculpture Berthe Mahler
Comment trouve-t-on la matière ?
Il m’arrive de trouver des pierres Par exemple le marbre gris des Pyrénées, je l’ai ramassé dans une carrière.  C’est une pierre très dure. Mais certaines pierres comme par exemple la stéatite qui est une pierre tendre n’existent pas chez nous, il faut les acheter. Je préfère les pierres naturelles qui contiennent en germe, la forme finale.

Sculpture de Berthe Mahler stéatite

Au départ les pierres achetées dans une carrière sont cubiques. Il faut bien les choisir, il faut qu’elles « sonnent bien » et malgré cela on peut avoir de mauvaises surprises : des trous, des fissures.
C’est une pratique qui est plus risquée que le modelage où l’on peut toujours rajouter de la matière. Avec la pierre, un coup de ciseau malencontreux et tout est raté.
Quels instruments utilisez-vous ?
Une massette (le marteau du sculpteur), un burin, un ciseau, une gradine (un ciseau avec des dents),

gradine

une boucharde, une lime, une scie, des rifloirs …
Je fais tout à la main : je ponce avec du papier de verre. C’est donc très long. Il faut savoir s’arrêter à temps. C’est pareil en peinture.
Est-ce que vous créez en pensant à ce qui va plaire ?
Non, je fais ce dont j’ai envie. Et d’ailleurs, je ne sais pas ce qui va plaire ou pas.
Avez vous fait des expositions ?
Oui d’abord collectives puis personnelles. J’ai exposé à Besançon, à Goumois, à Arc et Senans, en Alsace etc … Quand on expose, c’est pour vendre. Mais il est intéressant de rencontrer le public, de voir comment les gens réagissent. La difficulté, c’est que peu de gens savent exprimer leur ressenti. Il ne faudrait pas confondre ressenti et jugement de valeur. Ce n’est pas la même chose de dire je n’aime pas et de dire « c’est moche »
Comment savoir si une réalisation peut être considérée comme une œuvre d’art ?
Vaste question ! Pour moi, il faut qu’il y ait une création. Si je fais une copie, c’est intéressant mais ce n’est pas une création, je n’en suis pas l’auteur, juste l’interprète. Je me souviens toujours de la colère Paul Jean Décrind  le peintre maîchois . J’aime bien ses peintures de paysages très colorées. Voir la vidéo d’une exposition à la galerie Médicis.
Un jour, il est venu dans une exposition collective dans laquelle figurait la copie (assez médiocre) d’un de ses tableaux. Il s’est mis en colère parce que le peintre avait signé de son nom sans indiquer qu’il s’agissait d’une copie. On peut être heureux de peindre, mais il faut respecter la propriété intellectuelle.
Votre peinture est-elle plutôt figurative ou abstraite ?

peinture de Berthe Mahler
Cela dépend des périodes. C’est très personnel. Je peins rarement devant un paysage. Je photographie, je fais des croquis.

Berthe Mahler arbre mort

J’ai fait cet arbre mort sorti de mon invention, mais je l’ai peut-être vu sans m’y être arrêté. J’aime les arbres.
J’ai peint ce tableau sans savoir ce qu’il allait représenter, ça s’est imposé. C’est seulement après coup que je l’a appelé le vaisseau fantôme

Berthe Mahler vaisseau fantôme
Quelle technique utilisez-vous en peinture ?
Je peins à huile, à l’acrylique, à l’aquarelle et au pastel. C’est fonction de mon sujet et peut-être de mon humeur !

Berthe Mahler peinture

Par exemple, cette peinture ressemble à une aquarelle, mais c’est une peinture à l’huile. J’aime essayer, découvrir.

atelier de Berthe Mahler

Qu’allez-vous exposer à la rencontre des artistes des Chaprais  les 17 et 18 mars ?
Je ne sais pas encore. Sans doute des sculptures posées sur une table et peut-être quelques peintures

Artistes des Chaprais 3/18

Voir l’annonce de cet événement artistique
Depuis quand habitez-vous dans le quartier des Chaprais ?
Depuis assez longtemps. Cela fait 22 ans que j’habite dans cet immeuble. Auparavant, j’ai habité un peu plus haut, à 400 mètres environ. C’est dire que le quartier me plaît. Et de ma fenêtre, je peux admirer la statue de la déesse Flore.

place Flore janvier 2018

Je trouve que la place Flore s’est embellie. Auparavant, c’était seulement un carrefour, très bruyant avec beaucoup de nuisances. Depuis les transformations et le passage du tram, c’est plus calme. Mais il manque un petit quelque chose pour que ce soit une vraie place conviviale. Le gling- gling du tram, on s’y habitue. J’aime bien l’aspect minéral de la place. Je regrette tout de même que la petite Flore soit maintenant toute nue sans fleurs autour d’elle.

Que pourrait-on améliorer dans le quartier ?
Il y a des difficultés de stationnement. Les quelques places sont payantes. C’est dommage si cela peut rebuter les visiteurs. Les bouchons de l’avenue Carnot, il faudrait peut-être revoir les feux et certains sens de circulation. pourquoi ne pas rouvrir la circulation en descendant la rue Denfert-Rochereau ?