Deux présidences pour Claude Koesler

Claude Koesler est président de l’association Habitat Jeunes Les Oiseaux et président de la Banque alimentaire de Franche Comté

Claude Koesler Président

Depuis quand êtes-vous chapraisien ?
Depuis 5 ans, je suis à Besançon depuis 1996. J’ai habité dans une maison aux Tilleroyes et maintenant dans un appartement aux Chaprais pour me rapprocher de la gare et du centre ville. Je suis originaire de Troyes. J’ai beaucoup déménagé, dans l’Oise en particulier.
Quel a été votre parcours professionnel ?
J’ai travaillé très jeune et dès le début dans les collectivités. J’ai commencé à 15 ans à la mairie de Troyes. A 30 ans, tout en travaillant, j’ai repris des études en préparant un DESS de finances et contrôle de gestion des collectivités à Orléans. J’ai été directeur de l’action sociale dans le Val d’Oise. J’ai postulé pour le poste de directeur général du CCAS de Besançon lorsque Schwint était maire et Jean Louis Fousseret Vice Président. Maintenant, je suis en retraite.

Claude Koesler aux Oiseaux
Depuis quand êtes vous président des Oiseaux et pourquoi  ?

J’y suis depuis trois ans. C’est un peu le hasard. Je participais à des activités de l’ASEP, en particulier le Tai Chi et j’ai participé au CA et suis devenu Vice Président de l’ASEP . A ce titre, j’ai assisté à une assemblée générale  du FJT  et présenté ma candidature au CA. J’ai aidé l’ancien président, André Cuny lors du recrutement d’un nouveau directeur. Cela faisait partie des mes compétences. J’ai accepté. On a embauché Emmanuel Vantard le directeur actuel. Puis, lorsque André Cuny a voulu se retirer, il m’a proposé de lui succéder.

Emmanuel Vantard directeur des Oiseaux
Pouvez-vous présenter votre association et son lien avec l’ASEP ?
L’association s’appelle Habitat Jeunes Les Oiseaux. Le terme Foyer de Jeunes Travailleurs étant le nom (plus restrictif) de l’établissement. Les locaux au 48 rue des Cras appartiennent à Néolia. En revanche nous sommes propriétaires des locaux de l’ASEP. C’est dire que nos deux associations sont liées. Lorsque l’ASEP s’est installée rue Résal, on a décidé un partage des activités : l’ASEP a pris en charge toutes les activités qui supposent une participation des gens (sport ou loisirs), nous avons conservé les animations qui s’adressent à des spectateurs comme la projection de films, des concerts, des expositions et autres spectacles.

Les Oiseaux 55 rue des Cras
Vous avez donc plusieurs domaines d’activité ?
Oui, l’hébergement de jeunes, la restauration, la location de salles et l’animation culturelle.
Combien de jeunes hébergez-vous ?
Nous disposons de 142 chambres Nous avons reçu 359 jeunes l’an passé dont 60 % d’hommes et 40 % de femmes. Un quart est originaire du Doubs, près de la moitié du reste de la France et presqu’un quart de l’étranger. La durée des séjours est de plus en plus courte 5 mois en moyenne. A l’origine, on recevait de jeunes travailleurs et maintenant de plus de jeunes à la recherche d’une insertion ou de passage.

FJT Les Oiseaux
Comment se passe la restauration ?
On observe une baisse de fréquentation de la restauration collective, ici comme ailleurs. Le mode de vie a changé, les lieux et les horaires de travail aussi. Il faut nous adapter. On est en train de modifier le système en prévoyant trois formules avec un plat seul avec soit un, deux ou trois compléments. Les adhérents (3€ la cotisation) bénéficient d’un tarif plus modique. Ce sont surtout des personnes seules habitant ou travaillant dans le quartier qui viennent prendre leur repas ici. C’est l’occasion de retrouver d’autres personnes.
L’animation culturelle a-t-elle du succès ?
Oui on propose 35 séances de cinéma avec une moyenne de 72 spectateurs, 12 spectacles et concerts pour une moyenne de 94 spectateurs. Les 8 soirées Guinguette attirent en moyenne 204 personnes. Donc, il y a un public mais un financement insuffisant. Nous avons du faire payer 5 € le bal musette, mais cela n’a pas fait fuir les habitués. Pour les expositions, l’impact est plus difficile à évaluer, mais nous avons un bel espace qui est recherché.

bar du FJT Les Oiseaux
Vous avez des projets d’agrandissement ?
Les projets sont anciens, mais on ne peut pas parler d’extension plutôt d’adaptation. C’est un changement qualitatif pas quantitatif. Nous ne cherchons pas à loger davantage de jeunes. Nous avions des logements éloignés, nous les laissons à Néolia et nous allons construire des studios et une plus belle salle de spectacle d’une centaine de places plus confortables. Le permis est déposé, le financement est trouvé. Les travaux doivent débuter en 2018 pour une mise en service fin 2019.

emplacement du nouveau bâtiment des Oiseaux

Comment fonctionne l’établissement ?

Il y a 35 salariés : un directeur, une douzaine de personnes à la restauration, 5 pour l’action socio-éducative, les autres font le ménage, la garde de nuit ou le travail de bureau. La responsable de l’animation ayant trouvé un autre emploi, une autre personne va être bientôt recrutée.

gilet orange BA

Vous êtes donc aussi président de la Banque Alimentaire de Franche Comté, n’est-ce pas beaucoup ?

C’est assez différent et complémentaire. Aux Oiseaux, il y a une structure qui fonctionne principalement avec des salariés, alors qu’à la Banque alimentaire, il y a surtout des bénévoles (250) et quelques salariés (5) sur les trois départements.

Quand a été créée cette Banque alimentaire ? A-t-elle le même but que les Restos du coeur ?

La Banque alimentaire a été créée en 1987 par des associations caritatives locales comme la Croix rouge, l’Armée du Salut, l’église réformée, l’ancienne Maison des chômeurs et Saint Vincent de Paul. Nous n’avons pas de rapports directs avec les bénéficiaires. Nous sommes des grossistes. Nous répartissons les denrées entre différentes associations : une dizaine dans les quartiers (et bien d’autres en dehors de Besançon).  Il y a par exemple une épicerie sociale à Chalezeule, et plus récemment une association étudiante « la dépanne ».

Banque Alimentaire déchargement
Déchargement dans l’entrepôt du 10 avenue de Chardonnet, (site de la Rhodia)

Que représente toute cette redistribution ?

En Franche Comté : 2400 tonnes représentant près de 10 millions d’euros. Il y a trois sources principales : la « ramasse » des invendus de grandes et moyennes surface commerciales, les dons des industriels et artisans, les dotations de l’Union Européenne et de l’Etat et les collectes auprès des particuliers. La plus récente a rapporté 190 tonnes. Cela peut paraître peu mais c’est essentiel pour assurer une certaine diversité des produits. Sinon, il y a pleins de chocolats après Noël et pleins de Perrier après Roland Garros par exemple.

préparation de commandes à la BA
P
réparation de commande

Les produits collectés sont-ils de bonne qualité ?

La banque Alimentaire a un rôle important dans la réduction du gaspillage alimentaire. Mais nous avons une charte de qualité, nous devons respecter les mêmes règles d’hygiène et de traçage que les commerces. Par exemple si on apprend qu’il y a des risques avec certains laits pour bébés, ils sont retirés.

tri des fruits à la Banque Alimentaire

Tri des fruits

Avec ces deux responsabilités vous reste-t-il du temps pour des loisirs personnels ?

Oui, ben sûr, je vais suivre des conférences et cours de l’Université Ouverte par exemple sur l’art contemporain. Et puis je vais plusieurs fois par an en Norvège où habitent mon fils et mon petit fils

Que pensez-vous du quartier des Chaprais ?

Je l’aime bien. J’ai choisi d’y habiter parce qu’on est près de la gare et du centre ville. Je suis étonné de la diversité des commerces et services. J’essaie d’aller le plus souvent à pied. Je ne prends la voiture que pour aller transporter des choses lourdes dans les zones commerciales périphériques. Et aux Chaprais, on a la chance d’avoir un supermarché Casino, mais aussi une variété de restaurants. Je constate par exemple que le restaurant italien du bas de la rue de Belfort a beaucoup de clients.

Connaissez-vous l’association Vivre aux Chaprais ? Que pensez-vous de son action ?

Oui je connais Vivre aux Chaprais par son site web et son journal bien qu’il ne puisse pas être déposé dans ma boîte aux lettres. Cette action d’information est intéressante. J’ai participé au premier Forum des associations.

FJT les Oiseaux et Cassotte , député

Mais je ne suis pas toujours d’accord avec ses positions que je trouve parfois trop « passéistes ». Il faut vivre avec son temps et admettre que les Chaprais, ce n’est plus un village, c’est une partie du centre ville qu’il faut densifier si on veut y maintenir une activité commerciale. J’attends une amélioration avec la construction du pôle Viotte. Je suis bien placé géographiquement pour suivre les travaux.

Charpente du SERNAM démolie 6/12/17