La Gestapo à Besançon

Revenons sur les deux conférences organisées le 12 octobre, puis le 19 octobre 2017, à l’occasion de la sortie du livre de M. Jean-Claude Bonnot  : Gestapistes et Agents Troubles Franche-Comté et Bourgogne 1940-1945, publié aux éditions Cêtre.

 

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La première a donc eu lieu dans une salle de l’hôtel Florel, rue de la Viotte. Ce choix, rappelons le, ne résulte pas du hasard. L’ancien siège de la Gestapo après une courte période d’installation à l’hôtel de l’Europe, dès,l’automne 1940, est situé à l’hôtel de Lorraine (aujourd’hui hôtel Ibis). Cet hôtel ne disposant pas de salle de réunion, nous avons donc choisi, au plus près, l’hôtel Florel.

Conférence de JC Bonnot sur la Gestapo

Du fait du nombre de places limité (50) l’inscription préalable était nécessaire. Il ne fut pas besoin de beaucoup communiquer pour la remplir! Dans l’assistance, outre de nombreux habitants des Chaprais qui représentaient la majorité du public, nous avons relevé la présence d’auteurs de livres d’histoire comme :

M. Joseph Pinard (onze livres publiés chez Cêtre) dont le dernier livre, « Laïcité et Fraternité », suscite bien des débats auxquels participe son auteur avec la fougue que l’on lui connaît;

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Présence également de M.  Jean-Pierre Marandin auteur, lui-aussi,  de nombreux ouvrages, dont deux volumes publiés également chez Cêtre sur la Résistance en Franche-Comté.

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Son dernier ouvrage, publié aux éditions Sekoya,« Frères de misère », traite un épisode mal connu, du moins dans la région de Besançon, de l’arrestation, en décembre 1943, de six collégiens, un surveillant, leur directeur, de l’Institut protestant de Glay, dans le Doubs, tous résistants.

Outre ces historiens présents,nous avons également remarqué la présence d’anciens universitaires franc-comtois comme M. François Lassus (historien) et M. Pierre Chauve (géographe)Sans oublier M. Jean-Marie Pinel, président de Renaissance du Vieux Besançon, et madame Danièle Pinel. Rappelons que M. Pinel, le père de Jean-Marie, était propriétaire du Nouvel Hôtel proche de la gare et qu’il fut un grand Résistant (voir à ce sujet larticle que nous lui avons consacré le 7 mars 2015. Présence également de Madame Evelyne Cêtre, éditrice.

A noter l’intervention, lors de ces deux conférences, de la direction du Musée de la Résistance de la Citadelle, quant au travail de modernisation de ce musée et à leur volonté d’en faire un musée citoyen.

Les questions posées reflétaient le malaise (pour ne pas dire plus!…) que chacun éprouve devant ces chiffres : 12 agents de la Gestapo dûment recensés à l’antenne de Besançon, ce qui est peu, mais une soixante d’agents troubles, collaborateurs français à l’exception de quelques suisses!

Autres chiffres significatifs qui ne rendent pas compte, bien sûr, des drames humains épouvantables, les 38 personnes du Doubs, déportées parce que de confession juive et dont 4 seulement rentrèrent des camps d’extermination! (49 déportées pour la Haute-Saône, 5 rescapées seulement!). 

Attention : suite à une observation d’une lectrice attentive, ces chiffres nous précise M. Bonnot correspondent uniquement aux arrestations effectuées après le 19 février 1944, sur l’ordre du kommandeur de Dijon Willy Hülf. Ils figurent dans les archives militaires du procès des responsables du commandement régional jugés à Lyon en février 1955.

Les 243 noms figurant sur une plaque commémorative apposée à la synagogue de Besançon concernent la région. Et il semble que cette liste soit loin, malheureusement, d’être complète ! Une centaine doivent être retenus pour le Doubs.

Plaque

Il fut question également du rôle joué par des hommes remarquables, comme celui de M. Léonel de Moustier, député, ayant été un des rares  à s’opposer aux pleins pouvoirs accordés à Pétain. Léonel de Moustier est mort en déportation. On se reportera à ce sujet à l’ouvrage de son fils .

 

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Il fut question aussi du traître Pierre Martin, exécuté au Terrass Hôtel, alors situé au coin de l’avenue Flore et de la rue de Belfort. A son sujet, M. J.P. Marandin, au printemps prochain, devrait nous écrire un article détaillé à ce sujet.

 

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M.  Robert Greset, ancien propriétaire du Chantier du Gaulois et dont nous avons publié les souvenirs (sur ce site web, les 15 et 22 avril 2017), a pu dialoguer avec l’auteur sur la mort de Claude Greset, résistant, blessé à mort dans une ferme près de Nancray.

 

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Une habitante de la rue de la Préfecture était également venue assister à cette conférence afin de se renseigner sur l’appartement dont elle est actuellement propriétaire et qui fut occupé par des membres éminents de la Gestapo.

 

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Salle Courbet, jeudi 19 octobre 2017

(Photo Alain Prêtre)

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Sur l’écran, la photo d’Alfred Meissner, le chef de la Gestapo

Cette richesse des questions et des débats, nous l’avons également constatée lors de la seconde conférence organisée à la salle Courbet de la mairie, du fait de sa proximité, dans la Boucle avec l’hôtel de Clévans, rue Lecourbe, où la Gestapo déménagea dès août 1943. Salle pleine également avec de nombreux habitants des Chaprais et des autres quartiers, voire même de l’extérieur (Saint Vit, Pontarlier!). Il faut dire qu’un article paru le jour même dans l’Est Républicain a largement contribué quant au succès de cette initiative!

 

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Les sinistres geôles de la Gestapo à l’hôtel de Clévans

Nous avons remarqué dans la salle un adjoint au Maire, M. Christophe Lime, le chef du service de la démocratie participative, M. Gilles Labrousse, le délégué du Souvenir Français du comité de Boussières/Saint Vit, M. Jean-Luc Sauvin, sans oublier l’historienne Madame Anne-Laure Charles auteure d’un livre sur les prisonniers allemands de la Citadelle.

couverture du livre d'Anne-Laure Charles sur les prisonniers de guerre allemands

Pour ceux qui s’intéressent à cette période de l’Histoire, il est urgent de lire le livre de 367 pages de M. Jean-Claude Bonnot!

Gestapistes de JC Bonnot

D’ores et déjà, les organisateurs prévoient de prolonger cette réflexion sur cette période sombre de notre histoire avec, en juin 2018 (à confirmer) le sujet, encore polémique aujourd’hui, du bombardement de la gare Viotte le 17 juillet 1943 par l’aviation britannique; mais aussi, en septembre 2018  (à confirmer) des précisions sur les quatre hôteliers et cafetiers résistants autour de la gare Viotte. 

Vous pouvez d’ores et déjà nous communiquer vos coordonnées afin que nous puissions vous tenir informés de ces prochaines initiatives.

Précision : les couvertures des livres présentés ici ne sauraient être considérés comme de la publicité. Il s’agit juste d’une information.

Samedi prochain (28 octobre 2017), ne manquez pas l’article qui sera consacré à la stèle de la Résistance, place de la Liberté. Et ce, afin d’annoncer la cérémonie symbolique, devant cette stèle, le 1er novembre 2017, à 11h00, en mémoire aux 24 Résistants tués lors des combats pour la libération de Besançon.