Le sculpteur Albert Pasche honoré à Besançon et Fournets-Luisans

Si nous avons déjà évoqué sur ce blog, dans des articles précédents, le sculpteur Albert Pasche, l’actualité nous incite à revenir sur cet artiste qui avait un domicile à Besançon, rue Emile Zola, et qui est l’auteur de plusieurs statues et monuments remarquables. Nous avons également signalé deux d’entre eux qui ont un rapport plus direct avec les Chaprais : le monument funéraire qu’il a sculpté pour sa famille au cimetière des Chaprais et le poilu du monument aux morts installé, à l’origine, devant la gare Viotte (aujourd’hui déplacé en partie dans l’espace du souvenir aux Glacis).

sculpture Pasche au cimetière

Monument aux morts

Nous indiquions dans l’article publié le 11 novembre 2016 intitulé « Les trois statuaires du monument aux morts de la Grande Guerre » à propos d’A. Pasche : :… »Ne commettez pas l’erreur de croire qu’il est lui aussi enterré au cimetière des Chaprais! Le très beau monument funéraire de marbre blanc qu’il a sculpté lui-même, est le tombeau de sa famille (sa mère, sa soeur et son père en médaillon, le sculpteur se représentant lui-même en train de sculpter ce dernier). »

Et si nous ne vous indiquions pas où se situe la sépulture d’Albert Pasche, c’est parce que nous ne le savions pas encore! Les membres de la commission Patrimoine et Partage du CCH Chaprais/Cras qui avaient organisé des visites guidées du cimetière des Chaprais en 2016 ont mené l’enquête pour vous!

Il est donc enterré au Pré Oudot, dans les bois,  sur sa propriété qui était alors une ferme de la commune de Fournets-Luisans. Cette ferme a depuis, été transformée en magnifique Maison d’Hôtes de Charme, classée récemment 5 épis, le « top niveau » dans cette catégorie! 

Albert Pasche y avait fait construire son tombeau, une sorte de mausolée, en ciment!…( lui qui sculptait si magnifiquement le marbre), pour son épouse Jeanne décédée en 1958. Lorsqu’il mourut lui même en 1964, il se fit enterrer là. Or, au fil du temps, le mausolée, à cette altitude, dans les bois, était fortement dégradé. Le grand Christ en Croix, sculpté par A. Pasche, était abîmé.

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Le sculpteur et son Christ au Pré Oudot

Grâce aux propriétaires du Pré Oudot, les époux Benoit-Péquignet, tout vient d’être magnifiquement restauré.

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pasche mausolée dégradé

Mausolée neuf début années 1960

Le mausolée dégradé par le temps tel qu’on pouvait

encore le voir en juillet 2017

pasche mausolée actuel restauré

Le mausolée restauré septembre 2017

Aussi, à cette occasion, un hommage est rendu à Jeanne et Albert Pasche, le samedi 23 septembre 2017, avec le dévoilement du Christ en Croix réinstallé. Et à cette occasion, les derniers membres de la famille du sculpteur, dont M. Pierre Favre-Bulle, 90 ans, habitant le Calvados, ont fait le voyage afin de pouvoir se recueillir également sur le tombeau familial au cimetière des Chaprais. C’était vendredi 22 septembre, avant de rejoindre Le Pré Oudot pour la cérémonie du lendemain. Ils étaient donc 7 membres de cette famille venus d’Annecy, Aix les Bains, Mandelieu pour cette occasion, trois générations confondues. Voir la photo ci-dessous.

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Plus de cent cinquante personnes étaient présentes, samedi 23 septembre 2017, au milieu des bois, au Pré Oudot devant le mausolée Pasche. Voir ci-dessous la photo d’Alain Prêtre avec une vue partielle de l’assistance.

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Article Est Républicain du dimanche 24 septembre 2017

Un document a été édité pour la cérémonie au Pré Oudot et nous vous en livrons, ci-dessous,  les éléments biographiques rapportés.

Et si l’on songeait à baptiser le nom d’une rue de Besançon « Albert Pasche »  ?

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Albert-André Pasche (1873-1964) : repères sur sa vie et ses œuvres

– Naissance d’André-Albert Pasche, le 27 décembre 1873, en Suisse, à Plainpalais ; son  père Louis Daniel Pasche était ingénieur horloger (inventeur en 1899 d’un «  système de montre perfectionné avec remontoir au pendant » ; sa mère, Marie Roy était originaire de Baume les Dames.

– Installation de la famille à Besançon. Pas de renseignements précis sur la scolarité du jeune Albert. Il semblerait qu’il soit d’abord tailleur de pierre et sculpte à l’âge de 14/15 ans la fontaine de la place de l’Etat Major à Besançon (actuelle place Jean Cornet), pour devenir progressivement statuaire.

– Travaux de sculpture à la basilique  Saint Ferjeux, et réalisation des statues de Saint-Ferréol et de Saint Ferjeux, dont une réplique de ce dernier est à l’entrée de la grotte et de la chapelle de Remonot.

–  Premières médailles au salon des Artistes Français, au Grand Palais, à Paris en 1903 pour une Ariane abandonnée, puis en 1909 pour le monument funéraire de Clarisse Bourdeney, au cimetière du Père Lachaise à Paris.

– Mariage en 1912 avec Juliette Sionneau, 22 ans,  avec qui il vivait à Paris dans le 14° arrondissement et avec laquelle il avait eu deux enfants : Jean né en 1907 (décédé en 2002)  et Madeleine née en 1910 (décédée en 1997). Le divorce interviendra dès 1913.

– Il se remarie peu de temps après avec Jeanne Louise Ducasse, musicienne et chanteuse lyrique qui dans les années 50 organisera, à Besançon,  de grands concerts de musique, les concerts Bourdeney, en mémoire et en tant que légataire testamentaire de Clarisse Bourdeney, compositrice de musique. Jeanne Ducasse semble être issue d’une riche famille, aux multiples relations dont Lili Laskine et Yedi Menuhin, entre autres qu’elle accueillera à Besançon dans le cadre de ces concerts.

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– Leg en 1919 par Marie Angélique Laure Bourdeney, sœur de Clarisse, à sa mort, de la fortune familiale au couple Pasche, dont le château d’Etrabonne (Doubs) et le Pré Oudot à Fournets-Luisans.

– C’est la période de sculpture des poilus pour les monuments aux morts de la Grande Guerre : Besançon, Etrabonne, Reugney  (Doubs).

– Albert Pasche réalisera ensuite des séries de sculptures sur divers thèmes : sportifs (footballeurs, boxeurs, etc.) étant lui-même un grand sportif ; sur Jeanne d’Arc (œuvres à Besançon, Rouen, Paris) ; deux autres tombeaux funéraires au Père Lachaise (Marie Roze, cantatrice 1846-1926 ; Georges Enesco chef d’orchestre, violoniste 1881-1955) ; des bustes glorifiant des personnalités  comme Veil Picard, promenade Granvelle à Besançon, etc.

– Le couple partageait son temps entre différentes propriétés et villégiatures : Paris, avenue d’Auteuil, Besançon (rue Emile Zola), le Pré Oudot à Fournets-Luisans.

Albert Pasche meurt à Besançon le 27 juin 1964 quelques années après son épouse Jeanne, enterrée la première au Pré Oudot en 1958 et pour laquelle il a fait réaliser ce mausolée par l’entreprise de maçonnerie Pierre Tissi d’Orchamps-Vennes et sculpté, dans le bois, le grand Christ en Croix réinstallé, après restauration par l’ébéniste suisse Nicole Chevalley, dans son mausolée lui aussi restauré par l’entreprise de maçonnerie Mota & Mota.

Sa volonté était d’être enterré auprès de son épouse dans cette propriété qu’ils ont tant aimée !

Les œuvres d’Albert Pasche témoignent de sa force créatrice et de son talent ! Il en reste de nombreuses à découvrir ! Et nous comptons sur vous tous afin de compléter ces informations. Si vous possédez des documents, photos, etc. n’hésitez pas à contacter madame Laurence Péquignet au Pré Oudot : car une brochure plus complète sur Albert Pasche est en préparation.

Biographie de Pasche

 

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