Les Nouvelles Galeries autrefois…

C’est l’été, le temps des lectures et des ballades. Et si partant du haut Doubs, nous revenions aux Chaprais puis dirigions nos pas vers le centre ville? C’est un peu à cela que nous invite le livre dont il est question ci-après….

Dans un livre de souvenirs intitulé « Enfance paysanne dans le Haut-Doubs : Pissenavache 1923-1938″, M. Arthur Griffon évoque la vie paysanne dans ces années 30.

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Jusqu’à 12, 13 ans, c’est l’âge des culottes courtes :

« Le premier complet, c’était à 12 ans pour la première communion, ce qui m’a permis de faire mon premier voyage à Besançon.Ma soeur Camille, de 6 ans mon aînée, sur les conseils de Melle Racle, institutrice, avait été placée à Besançon chez un de ses cousins, Monsieur Mathey, comme bonne (employée de maison). Elle était tellement timide et gênée devant les gens que l’institutrice disait à ma mère que ça lui ferait du bien de sortir un peu de Pissenavache. Je rappelle que c’était la seule fille de la famille avec sept garçons…..

Monsieur Mathey était directeur d’un grand magasin qui devait déjà s’appeler les Nouvelles Galeries. De fil en aiguille, si l’on peut dire, il avait été décidé que ma mère et moi descendions à Besançon pour acheter mon complet aux Nouvelles Galeries, que nous mangerions Avenue Fontaine Argent chez M. Mathey, le voyage s’effectuant par le « tacot », petit train à vapeur qui circulait de Besançon à Mouthe et au-delà par Pontarlier….

Que de découvertes en ville et aussi chez ces gens où nous mangions à midi. Une odeur d’abord indéfinissable, de cire sans doute, associée à quantité d’autres qui font que, comme dans les « pots pourris, chaque maison exhale une odeur différente. Un intérieur dont le seul souvenir est que je n’en connaissais pas de pareil »…

C’est à la fin du XIX° siècle qu’avait été créée la société des Nouvelles Galeries qui devait s’implanter rapidement dans les grandes villes. Le magasin de Besançon fut tout d’abord installé, semble-t-il, dans la chapelle désaffectée du couvent des dames de Battant, 59 rue des Granges, là où s’est installé la grande librairie L’intranquille.

Le magasin déménagea s’installa ensuite, pas très loin , en face, en lieu et place de ce qui avait été l’hôtel National, au 44 rue des Granges. Voici ce qu’en disent les historiens Lionel Estavoyer et Jean-Pierre Gavignet dans leur livre «  Besançon, ses rues, ses maisons »publié chez Cêtre.

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« Au début du siècle, l’hôtel National était composé de quatre bâtiments qui encadrait une cour en quadrilatère allongé. Sur la rue des Granges se trouvait une construction basse qui abritait des magasins avec entresols. Elle était percée d’une grande porte cochère et couverte d’un toit mansardé. Au fond de la cour s’élevait le bâtiment le plus important : un café s’y logeait, ainsi que les cuisines, le bureau de l’établissement et, à l’étage, de vastes salles dont les portes-fenêtres ouvraient sur un grand balcon »….

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                         Affiche de 1932

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Les mêmes auteurs, dans le même ouvrage, indiquent concernant les numéros 60,62,64 Grande Rue, là où sont installés Les Nouvelles Galeries devenues, depuis,  Galeries Lafayette:

« Rappelons que ces numéros étaient occupés à la Belle Epoque par un grand magasin de nouveautés, « Le Bon Marché ». L’entrée était placée au 60; les fenêtres du premier étage, élargies, servaient de vitrines. De grandes devantures de bois habillaient le rez de chaussée des trois immeubles. Aux numéros 62 et 64, séparant les étages et les baies, des placards annonçaient le nom du magasin et énuméraient les articles très divers qu’il débitait : tapis, étoffes, costumes pour dames, fourrures, vêtements sur mesure pour hommes et enfants, corbeilles de mariage, etc. »

Ci-dessous, illustrations p.39 du livre de Lionel Estavoyer et Jean-Pyerre Gavignet « Besançon autrefois ».

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Quand ces deux magasins ont-ils fusionné? A vous de nous le dire…

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Ce que nous pouvons cependant préciser, c’est que l’ouverture de ce grand  magasin, côté place du Quatre Septembre, ne se fit qu’en…1977!

Sources : livres cités de Lionel Estavoyer et Jean-Pierre Gavignet; archives municipales.