L’Union Agricole Comtoise aux Chaprais

Nous avons reçu, la semaine dernière, le message suivant:

« Un de mes correspondants étrangers me pose une question inhabituelle à laquelle vous pourrez peut-être répondre. Il cherche à se documenter sur un ami hollandais (décédé depuis plusieurs années) qui était venu en France en 1938 suivre les cours de l’ENIL de Mamirolle, après être passé par Besançon. Mon correspondant qui, bien entendu, ne connaît pas Besançon, se demande s’il y a eu une école laitière aux Chaprais, car son ami avait créé une fabrique de fromage en revenant en Hollande, qu’il avait appelée « Chaprais « . Pour ma part, je pense qu’il demeurait aux Chaprais et que c’est en souvenir d’un séjour agréable de quelques mois dans ce quartier de Besançon, qu’il avait choisi ce nom. Mais à tout hasard, je vous pose quand même cette question. »

Il est vrai qu’il y a eu, aux Chaprais, dans le vallon de la Mouillère, rue Isenbart, une entreprise de laiterie intitulée UAC, c’est à dire Union Agricole Comtoise. Créée en 1928; elle regroupera quelques 450 sociétaires.Elle y vendait essentiellement du lait de la région aux bisontins, soit la moitié de sa production qui était montée à 10 millions de litres! Elle s’était lancée dans la fabrication des yaourts nous précise Christian Mourey membre du groupe Histoire, Patrimoine, Mémoire des Chaprais.

Photo de Bernard Faille datant de 1958 sur laquelle figure au premier plan, l'UAC et au second la brasserie Gangloffl

Le vallon de la Mouillère en 1958, au premier plan, l’UAC, au second la Gangloff

Il semble qu’une partie des excédents était alors transformée en poudre dans une usine à Saint Martin Belleroche, près de Mâcon est-il précisé dans Histoire de Besançon, publiée en 1965 sous la direction de Claude Fohlen.

Cette présence aux Chaprais s’est terminée au début des années 60. Le bâtiment du vallon de la Mouillère est alors démoli, en 1966, alors que l’entreprise s’est installée dans des locaux neufs à Velotte.

Photo de Bernard Faille représentant la démolition de l'UAC dans le vallon de la Mouillère

Démolition de l’UAC en 1966

 

Sur cette photo de B. Faille on distingue au bord du Doubs la laiterie UAC et l'usine Labourier

La laiterie UAC et l’usine Labourier au bord du Doubs, à Velotte

A Velotte, début des années 60, la laiterie UAC, à gauche sur la photo, et l'usine Labourier, à droite, en construction

La construction de la laiterie UAC à Velotte, début des années 60. A gauche, l’usine Labourier en construction

 

Sur cette photo de Bernard Faille on voit les travaux d'agrandussement de UAC en 1969

En 1969, la laiterie UAC à Velotte s’agrandit

Il est précisé dans l’ouvrage cité :

 » L’usine de Velotte, qui emploie 80 salariés, produit outre du lait pasteurisé (c’est le début de l’utilisation des berlingots), des yaourts et des fromages frais. L’usine écoule également crème, beurre, metton destiné aux fabricants de cancoillotte; enfin le gruyère, fabriqué seulement pendant la belle saison, représentait en 1961 environ de 20% du lait collecté. Du fait de la qualité insuffisante de ce dernier, l’UAC a d’ailleurs dû renoncer à la fabrication du comté pour entreprendre celle de l’emmenthal avec du lait pasteurisé ».

Mais dès 1962 semble-t-il, la fabrication de l’emmental avec les surplus de lait est arrêtée au profit de la crème et du metton ce dernier acheté par La Belle Étoile).

Avant les berlingots le lait pasteutisé était mis en bouteille de verrepris dès août 1969 : photo B. Faille

Mise en bouteille du lait avant la production sous forme de berlingots

En 1972, l’UAC a mis en vente du lait écrémé à plus de 50%. Un an plus tard, plus du tiers du lait vendu à Besançon était écrémé.

Sur cette photo de B. Faille, livraison du lait à l'UAC soit en bidons ou en camion citerne

La livraison du lait, en 1973, soit en bidons, soit en citerne. on aperçoit sur la portière d’un camion le sigle UAC

Cette entreprise a dû disparaître à la fin des années 80. A la place se dresse l’usine de biscuits Bulher bien connue des bisontins (voir l’article consacré à cette entreprise, installée en premier lieu, elle aussi, aux Chaprais) .

Photos Bernard Faille, site Mémoire Vive de la ville de Besançon.

Voir un autre article : Aux Chparais depuis 35 ans : déménagements des usines et des emplois