Besançon ville horlogère

Couverture du livre d'Eveline Toillon Besançon ville horlogère

La réédition du livre d’Eveline Toillon,

« Besançon ville horlogère ». Eveline Toillon est bien connue pour ses ouvrages concernant la ville de Besançon. Le plus célèbre est certainement celui concernant « Les rues de Besançon » publié aux éditions Cêtre; ou encore, aux éditions Alan Sutton, en 1998,   » Mémoire en Images : Besançon ».couverture du livre d'Eveline Toillon, Besançon autrefois

Si le quartier des Chaprais apparaît peu, et pour cause, dans cet ouvrage historique, notons toutefois la mention de l’horloger AMIET qui était installé 5 rue des Chaprais et dont deux chronomètres sont reproduits : celui offert au Pape Léon XIII par le diocèse de Besançon en 1888, et celui offert en 1889, par des royalistes franc-comtois, au comte de Paris (un siècle après la Révolution française, tout un symbole!). Ajoutons que la mairie de Saône possède un mouvement d’horloge estampillé Amiet.( Voir plus de détails sur AMIET).

 

 

Photo du chronomètre offert à Léon XIII

Chronomètre offert à Léon XIII

Autre évocation, LIP, installé rue des Chalets avant de quitter ces murs pour une usine flambant neuf à Palente. 

Enfin, une mention qui nous concerne indirectement, l’évocation de la revue La France Horlogère : si le siège de ce journal puis revue était au 20 rue Gambetta, depuis sa création en 1901, rappelons qu’elle appartenait à l’imprimeur Millot qui rachètera Le Petit Comtois.

Photo actuelle du 20 rue Gambetta où était installée l'imprimerie Millot

Le 20 rue Gambetta où était installée l’ancienne imprimerie Millot

Cette famille a longtemps habité les Chaprais et un des descendants, André Millot, a légué à la ville le terrain du Parc des Chaprais actuel, rue de l’Eglise. Nous aurons l’occasion de revenir sur la famille Millot dans un prochain billet.

Chacun le sait, le développement de l’horlogerie à Besançon, a commencé dans la Boucle. puis s’est étendu à Battant. Et au début du XX° siècle, parallèlement au développement des Chaprais, les horlogers s’implantent dans notre quartier. Tout d’abord timidement : dans l’annuaire des métiers de l’horlogerie datant de 1883, sauf erreur de notre part, on en compte 7 (contre 250 recensés parmi les 5 métiers de l’horlogerie dont un membre au moins est installé aux Chaprais. 

Le métier le plus important alors était celui d’établisseur : on en comptait 142, en 1883, à Besançon dont un seul, Barbazat Constant installé à la Grande Viotte (qui englobait alors la rue Nicolas Bruand qui fait partie des Chaprais). 

Que faisait l’établisseur? Il se qualifiait souvent lui-même de négociant ou fabricant en horlogerie. Il disposait d’un réseau très dense de sous-traitants chargés d’élaborer les différentes parties d’une montre (boîte, cadran, aiguilles, mouvement, etc.). Il faisait ensuite assembler ces différentes pièces dans ses ateliers.

Toujours en 1883, on compte, aux Chaprais, un seul graveur-guillocheur, GRY à la Mouillère sur 46 à Besançon. Un seul fabricant de secrets sur 14, madame Ravillers (veuve), rue de la Cassotte. Un seul commissionnaire-courtier , madame Craplet (veuve) rue de Belfort (8 pour la ville). Et enfin 3 marchands horlogers-rhabilleurs sur 40 : Cattin Elie, Jacob-Descombes, Roche, tous 3 rue de Belfort.

La production de montres, à Besançon, était alors de plus de 491 000!

Trente ans plus tard, en 1913, on recense 27 noms dans 7 métiers de l’horlogerie qui comptent 192 noms sur l’ensemble de la ville!Citons les plus nombreux, les établisseurs, qui sont 18 aux Chaprais (108 sur la ville):

Antoine, avenue Fontaine-Argent; Bailly, 7 bis rue de la Cassotte; Benoit P, 14 rue du Chasnot; Beauclerc C. 9 avenue Carnot; Charles, 8 avenue Fontaine-Argent; Favre-Heinrich (les fils) avenue Denfert Rochereau; Gindrot-Vieille 1 avenue Denfert Rochereau; Humbert ,13 rue de la Mouillère;

carte postale avec raison sociale de l'horloger Paul Humbert

Carte offerte par Paul Humbert (site Mémoire Vive de la ville de Besançon)

Leschot 19 avenue Denfert Rochereau; Levy P. 19 avenue Carnot (à noter le téléphone n° 1.41); Lipman, rue des Chalets (tel 099); Loiseau rue des Noyers (actuelle rue Krug) avec tel. 0.03; Mathias et Ulman 5 rue de la Mouillère; Meyer (Utinam) rue des Villas; Richert Laval (Perla) villas bisontines; Simon N. 8 avenue Fontaine Argent; Trincano (le futur directeur de l’école d’horlogerie?) 19 avenue Fontaine Argent. Si 9 de ces établisseurs sur 108 au total sur la ville possèdent le téléphone, ils sont déjà 3 aux Chaprais sur 18 ! A noter les deux marques de montres « Utinam » et « Perla ».

Nous continuerons, bien sûr, à étudier le développement de l’horlogerie aux Chaprais et vous révélerons d’autres marques horlogères aujourd’hui disparues.

Ont déjà fait l’objet d’un billet, sur ce site web , les marques ou maisons horlogères suivantes : Amiet, Kelton, Lip, ATO, Petolat Frères et Anguenot, Nappey, Geismar, Sarda, Philipe, Unic, les spiraux français, etc. 

A noter la conférence d’Eveline Toillon, au FJT La Cassotte, le jeudi 29 septembre à 19 h 30 sur L’histoire  des Chaprais et des noms de ses rues.

Evelyne Toillon les rues de Besançon