Exposition de plusieurs tableaux du peintre Jean-Claude Bourgeois, à la Galerie Médicis…

Sur cette photo, on voit Jean-Claude Bourgeois photographié en janvier 1960 par Bernard Faille de l'Est Républicain, lors d'une exposition.

Jean-Claude Bourgeois lors d’une exposition à Besançon en janvier 1960 (photo B. Faille Site Mémoire Vive ville de Besançon)

Vous aviez jusqu’au 12 mars au soir pour admirer plusieurs tableaux du peintre Jean-Claude Bourgeois dans le cadre d’une exposition sur les peintres comtois, à la Galerie Médicis (avec des oeuvres de Charigny, Decrind, Demeusy, Grisot, Chaboudé, Jouffroy, Tyrode…). Mais rassurez-vous, il reste toujours des tableaux de ce peintre dans cette galerie.

Mais pourquoi évoquer une exposition de peinture qui s’est déroulée dans la Boucle?

Eh bien parce que Jean-Claude Bourgeois a longtemps vécu aux Chaprais (voir les éléments biographiques ci-dessous). Et qu’il a réalisé quelques dessins et tableaux que nous vous présentons en exclusivité grâce à Dominique Bourgeois, son épouse. Qu’elle en soit vivement remerciée ainsi que pour les renseignements qu’elle a bien voulu nous communiquer.

Parlons tout d’abord peinture!

Jean-Claude Bourgeois, Bernard buffet, Georges Oudot, Paul Rebeyrolle… et bien d’autres que l’on ne peut tous citer ici, appartenaient au mouvement dit de La Jeune Peinture que l’on date des années 1941/1961. Voici ce qu’écrit à son sujet M. Guy VIGNOHT dans un ouvrage d’art qu’il lui consacra, en 1984 (Collection Terre des Peintres).jeune peinture 001 (2)

« Dès 1949, toute une génération de jeunes peintres, généreux, idéalistes, attachés à la fois à la tradition/…./mais aussi à l’audace de la conception plastique, allait se réunir une fois par an et exposer au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris. Je revois le long de ces cimaises cet art intelligible à tous, aspirant au bonheur, à la couleur et au dessin. J’entends encore certains soirs de janvier, les distributions houleuses du « Prix » du Salon de la Jeune Peinture et des autres….Dans ce sympathique grand cirque, les lauréats étaient désignés par l’ensemble des exposants eux-mêmes. Le dépouillement des bulletins de vote donnait lieu à d’éloquentes cohues.
Car être jeune, entre 1950 et 1960 n’était pas seulement une période de vie, c’était être réceptif aux messages de l’Homme et de la Nature. L’intensité émotive, pour ces peintres l’emportait sur les doutes issus de la guerre »…..

 

Jean-Claude Bourgeois  fait une apparition remarquée en 1959 au Xe Salon de la Jeune Peinture organisé au Musée d’Art Moderne  en présentant une grande toile intitulée : Les Coqs. (le président du comité était alors Guy Bardone, peintre comtois renommé, décédé l’an passé : avec son ami René Genis, décédé avant lui, ils ont fait plusieurs donations importantes au Musée de l’Abbaye de Saint-Claude. Si vous ne  connaissez pas encore ce musée, allez le visiter! Vous ne le regretterez pas!).

Le Maire de Besançon, Jean Minjoz, soutien du peintre, lui achète pour le musée des Beaux Arts de Besançon une œuvre intitulée La Combe Rouge.

Jean-Claude Bourgeois était daltonien. Ce qui explique le choix de ses couleurs! Toute sa vie, sa palette se déclinera dans les tons camaïeu, les terres, les ocres, orangés, jaunes et surtout bleu cobalt, outremer, couleurs qu’il « travaillait » à sa propre vision picturale.

Connaissez-vous les tableaux qu’il a peints en bleu auxquels le musée Baron Martin de Gray consacra une magnifique rétrospective en 2012/2013 ?

Bourgeois 2016_32 (2)Une galerie américaine vendait avec succès ses tableaux : mais pour faire fortune (ce qui n’était pas son but…), il aurait fallu qu’il produise et produise encore  ses paysages de neige qui plaisaient tant! Mais notre peintre a toujours déclaré qu’il lui était impossible envisager son travail comme un travail de reproduction : on est loin de l’art mercantile!…

reproduction d'un tableau de neige

Les tableaux de neige de JC Bourgeois

En 1980, Guy Vignoht organisera, dans le cadre du Salon des Artistes Français, au Grand Palais, à Paris, une exposition de deux œuvres récentes des artistes de la Jeune Peinture. Le critique d’art Jean Chabanon, dans la revue Le Peintre écrit

« …Le public constatera que ces peintres là -pour la plupart- se sont dirigé avec une couleur plus gaie vers l’espoir ou bien ont donné plus de force expressive à leurs œuvres. Le visiteur regardera attentivement surtout-à mon sens- le grand Grüber, B. Buffet, Bourgeois… » et suivent quelques 41 autres noms!….

Bourgeois 2016 33

Quelques repères biographiques :

Jean-Claude Bourgeois, est né le 18/12/1932 à Paris.

Le grand-père, Fortunat Bourgeois, agent de change à Paris, originaire du Haut-Doubs avait créé l’absinthe Bourgeois dont on connaît  la publicité (le petit chat noir lapant de l’absinthe) (et qui est produite de nouveau par les Fils d’Émile Pernod à la Cluse et Mijoux).

Son père, représentant de la firme  Kodak se déplaçait dans plus de 40 départements! Début de guerre 39/45, la famille Bourgeois résidant à Paris, revient à Pontarlier (berceau de la famille) puis s’installe  à Besançon où elle exerce une activité de photographe (rue du Capitole, actuelle rue des Granges prolongée).

Reproduction de la photo de JC Bourgeois, enfant, à la libération de Besançon, faisant le salut militaire

Le jeune Jean-Claude Bourgeois à la libération de Besançon

Voici la photo célèbre de Jean-Claude Bourgeois prise lors de la libération de Besançon, place Saint Pierre, juché sur une jeep militaire : souriant, il fait le salut militaire….

Il suit des cours à l’Ecole des Beaux Arts de Besançon et en 1957 expose, avec succès, dans une galerie parisienne.

Il se marie en 1958 avec une étudiante en arts décoratifs aux Beaux Arts et habite alors 89 bis rue de Belfort. C’est à cette époque qu’il va peindre sur contreplaqué (moins cher que les toiles… !) cette vue des voies ferroviaires situées derrière son logement. De ces années subsistent 87 tableaux, malheureusement,  certaines œuvres, mal conservées,  sont  dans un état très moyen.

Reproduction d'un tableau de J.C. Bourgeois réalisé aux Chaprais

Le centre ferroviaire des Chaprais vu par J.C. Bourgeois

Son beau père qui travaille au musée de Besançon est qualifié de « fou de peinture ». Il deviendra, dans les faits, l’adjoint incontournable de la bibliothécaire adjointe, Mlle Cornillot (qui habitait alors avenue Fontaine-Argent). Le beau-père possédait une galerie de peinture à Besançon, rue Pasteur: tous ces jeunes « apprentis peintres » y étaient les bienvenus.

Teproduction d'une esquisse du cimetière des Chaprais

Sur un carnet d’esquisses et de dessins de J.C. Bourgeois : le cimetière des Chaprais

Au début des années 60, le couple déménage pour un appartement dans un petit immeuble situé 36 avenue Carnot (à proximité de la rue de Belfort). Deux enfants naissent de cette union

Il s’installe alors dans un  atelier d’artiste, appartenant à la ville de Besançon, dont Georges Oudot son complice et ami d’alors (place Victor Hugo) était son voisin de sculpture.

Dans les années 1962/63, il est professeur de dessin à Saint Joseph, avenue Fontaine-Argent, dont l’école était dirigée par le célèbre abbé Lafleur.

Il divorce en 1965 et quitte, pour  quelque temps, Besançon pour Strasbourg où l’accueille un généreux mécène.

Il rencontre Dominique en 1972 avec qui il se mariera. Le couple s’installe alors au hameau de Bois-Vieil  à Tarcenay dans la vallée de la Loue.

Photo de Dominique Bourgeois devant un tableau de son mari

Dominique devant un tableau de Jean-Claude Bourgeois

Malade depuis fin 2007, Jean-Claude et Dominique rejoignent Ornans. Jean-Claude Bourgeois y décède le 19 mars 2011, à l’hôpital, où avait été aménagé pour lui, un atelier. Il peindra donc jusqu’à la fin de sa vie!

Quand sera organisée une grande rétrospective de ce peintre à Besançon?

Afin d’aller plus loin dans la connaissance des oeuvres de J.C. Bourgeois, vous pouvez vous rendre sur le site des Amis de J.C. Bourgeois http://www.les-amis-de-bourgeois.org/  et le site de la Galerie Médicis http://galerie.medicis.monsite-orange.fr/

Reproduction des oeuvres avec l’aimable autorisation de madame Dominique Bourgeois. Tous droits réservés.