Théâtre au CDN : Comment on freine ?

COMMENT ON FREINE ?

Un texte de Violaine Schwartz mise en scène par Irène Bonnaud

Mardi 17 et mercredi 18 novembre à 20 heures, jeudi 19 et vendredi 20 à 19 h

CDN nouveau théâtre

Au CDN avenue Edouard Droz, esplanade Jean-Luc Lagarce
Contact : accueil@cdn-besancon.fr , 03 81 88 55 11

L’histoire :

Une femme retrouve son compagnon pour emménager dans un nouvel appartement, après une semaine de repos à la campagne. Elle sort d’une longue convalescence après un accident de voiture. Entre eux deux, un gouffre d’incompréhension s’est creusé, l’expérience de mort vécue par l’accidentée est incommunicable à celui qui a vécu l’attente et son lot d’angoisses.

Comment on freine au CDN

Dans leur nouvel appartement s’accumulent des piles de cartons pleins de vêtements. Au sein de ce drame s’insinuent les traces fantasmagoriques d’un autre événement traumatique qui pèse sur les deux personnages, bien qu’il soit survenu à l’autre bout du monde. Le 24 avril 2013, à Dacca, capitale du Bangladesh, un immeuble s’écroule, faisant 1133 morts. Il abritait des ateliers de confection textile pour différentes marques occidentales. Dans Comment on freine ?, le vêtement est montré à la fois comme un objet de l’intimité – il touche la peau – et comme un marqueur de l’extériorité – il couvre le corps et se donne à voir aux autres. Mais ce lien au corps se double d’un rapport au monde, puisque le vêtement est aussi un produit de consommation de masse emblématique de la mondialisation néo-libérale. La musicalité de la langue de Violaine Schwartz met en scène l’absurdité et le burlesque de la consommation, mais explore aussi avec lucidité les paradoxes de l’empathie, voire de l’engagement. L’incompréhension entre l’homme et la femme fait écho à la profonde étrangeté entre femme européenne et ouvrière du Bangladesh, entre vivants d’ici et morts de là-bas.

Avec Valérie Blanchon, Anusha Cherer, Jean-Baptiste Malartre

Chorégraphie de Jean-Marc Piquemal, scénographie et costumes de Nathalie Prats Son : Aline Loustalot Lumières : Daniel Levy

Violaine Schwartz, auteure et Irène Bonnaud, metteure en scène, sont associées au CDN Besançon Franche-Comté
Une création du CDN Besançon Franche-Comté

Violaine Schwartz auteure des tableaux de Weil

Violaine Schwartz auteure, a déjà publié deux romans (éditions POL) :  La tête en arrière et Le vent dans la bouche et également écrit trois pièces radiophoniques, réalisées par France Culture. Violaine Schwartz  est une voix singulière, politique et musicale, dans le paysage des écritures contemporaines francophones. Bien qu’elle soit aujourd’hui reconnue pour son travail de romancière, Violaine Schwartz est aussi comédienne et chanteuse, qui déconstruit-ressuscite en compagnie de la contrebassiste de jazz Hélène Labarrière le répertoire d’Yvette Guilbert ou de Frehel – c’est l’évidence qu’elle a le sens d’une parole-performance, d’une parole -musique qui hante autant qu’elle provoque les spectateurs. Violaine Schwartz participe depuis juin 2010 à l’émission « Des Papous dans la tête ».

Irène Bonnaud

Metteure en scène associée pour la saison 2015/2016

Après avoir réalisé son premier spectacle aux Subsistances à Lyon, Irène Bonnaud a signé des mises en scènes remarquées au Théâtre Vidy- Lausanne (Tracteur de Heiner Müller, Lenz d’après Georg Büchner). Elle a ensuite été metteure en scène associée pendant trois ans au Théâtre Dijon- Bourgogne, où elle a créé Music hall 56 de John Osborne, puis Le Prince travesti de Marivaux et La Charrue et les étoiles de Sean O’Casey. Elle a dirigé la troupe de la Comédie- Française dans Fanny de Marcel Pagnol (Théâtre du Vieux-Colombier), et a mis en scène les solistes de l’Atelier lyrique de l’Opéra national de Paris dans Les Troqueurs d’Antoine Dauvergne et dans Street scene de Kurt Weill. Au NEST – CDN de Thionville- Lorraine, elle a créé Soleil couchant d’Isaac Babel et Iroquois, production franco-allemande, conçue avec l’écrivain Claudius Lünstedt.
Elle était ces dernières années metteure en scène associée au Théâtre du Nord à Lille où elle a créé Conversation en Sicile d’Elio Vittorini et Retour à Argos avec des textes d’Eschyle, Violaine Schwartz et Nuruddin Farah. Elle est aussi traductrice de l’allemand (Paul Celan, Bertolt Brecht, Hanns Eisler, Heiner Müller, Georg Büchner) et du grec ancien (Sophocle, Euripide).
Cette saison, elle retrouve au CDN Violaine Schwartz pour mettre en scène Comment on freine ? dont elle avait fait la commande d’écriture, et dirige les étudiants du DEUST théâtre de l’Université de Franche-Comté dans Tableaux de Weil.

tableaux de Weil : la fin de l'usine

La catastrophe de Dacca :

Dacca en avril 2013

Dorothée Kellou, chargée de mission au sein de Peuples solidaires, ONG membre du collectif Ethique sur l’étiquette, dénonce en mai 2013, la responsabilité des groupes occidentaux, clients de ces fournisseurs.
Quelles entreprises donneuses d’ordre étaient clientes d’un des ateliers de textile qui a été détruit dans l’effondrement de l’immeuble ? « Nous avons recensé une cinquantaine de marques faisant appel à ces ateliers. Entre autres : Benetton (Italie), Primark (Royaume-Uni), Mango (Espagne), Joe Fresh (Canada), mais aussi, pour la France, Tex, qui est une sous-marque de Carrefour. Mais Carrefour nie sa responsabilité ».