Portrait du Résistant Pierre Rimey

Vingt-deuxième portrait de résistant tué lors des combats pour la libération de Besançon et dont le nom figure sur la stèle de la Résistance, place de la Liberté, aux Chaprais. Portrait rédigé, comme pour les précédents, par mr. Bernard Carré.

Une plaque apposée sur la tombe de Pierre Rimey indique qu'il est mort pour la France.

Plaque apposée sur la tombe de Pierre Rimey (photo Alain Prêtre)

Sur la stèle de la Résistance, place de la Liberté, il est inscrit Marcel Rimey. En fait, les véritables prénoms d’état-civil de Marcel Rimey sont Pierre Charles Louis. Marcel est le prénom de son père. Il est né le 25 août 1922 à Luxeuil-Les-Bains (Haute-Saône).

Il était étudiant, d’abord à l’École de Chimie de Nancy, puis en préparant l’École militaire de Saint-Cyr.

Il s’était marié avec Régine Lamboley et a eu un enfant posthume.

Il s’était installé à Besançon 12, Rue de la Convention vers 1943.

Non mobilisé en 1939, il avait été affecté au 3eme Régiment d’Artillerie (3° R.A.) comme lieutenant en 1944. Initié en 1941 aux techniques de renseignements par Emmanuel Handrich, son professeur d’allemand au lycée de Rambouillet en 1939-1940, il était agent du réseau « Kleber » à Paris. Il avait constitué un groupe avec des étudiants et des élèves des classes préparatoires à Saint-Cyr. En 1942, il avait organisé un groupe en Bretagne qui s’étendra aussi en Normandie. Dans la même période, il avait utilisé des filières de passage de la frontière suisse par le pays de Gex pour transmettre du courrier et des documents.

Le 10 mars 1943, il franchissait la frontière suisse avec des renseignements. Il avait rencontré le général français du Service de renseignements en Suisse, et Simon Cotoni. En octobre 1943, celui-ci devenait le chef du réseau « Micromégas », sous-réseau d’« Ajax », dépendants du Bureau Central de Renseignements et d’Action à Londres.

Photo de couverture du livre consacré au réseau Ajax.

Un livre a été consacré au réseau Ajax.

Photo du fondateur du réseau Ajax, Achille Pezretti.

Achille Peretti fondateur du réseau Ajax.

Pierre Rimey lui a fourni des renseignements entre octobre 1943 et mars 1944, moment où il y aurait eu une coupure due à des arrestations.

Pendant cette période, il avait été toujours actif pour le réseau « Kléber ». Ses groupes formaient le sous-réseau « Marco ». En avril, à la demande du capitaine Guy de Saint-Hilaire, envoyé de la Centrale de Renseignements d’Alger, il avait été chargé de constituer des groupes dans l’Est et le Nord -Est de la France pour le réseau « Marco ». Il s’est installé à Besançon pour diriger ce sous-réseau et a eu pour adjoints Cronier et Geschwing. Il rencontrera aussi souvent Gustave Filippi, qu’il avait connu dans le réseau « Micromégas ». Après l’arrestation de Geschwing début août à Besançon, il s’était réfugié à Luxeuil et avait continué son action.

Fin août, il était  revenu à Besançon. Il avait repris contact avec le Colonel Filippi et divers groupes de FFI. Il avait alors assuré  plusieurs liaisons avec les troupes alliées. « Participant aux opérations des maquis du Doubs, il est victime d’une mitrailleuse allemande », le 7 septembre 1944,  Rue de Chastres-Montjoux, « qui tue sur le champ le Colonel, tandis que lui-même » est blessé à la cuisse par une balle explosive au cours de l’attaque du faubourg Saint-Claude.

Transporté à la Clinique du Docteur Heitz, 21, Rue de la Mouillère, il meurt le  26 septembre 1944 à 13h. Dans le rapport qu’il rédige le 25 octobre 1944 concernant l’action du Groupement de Besançon des FFI, Jean Grillier, commandant du Groupement, écrit : « 7 septembre : Le groupe commandé par le Lieutenant Manotte, auxquels  s’étaient joints le Colonel Filippi, le Capitaine Fautons, le Lieutenant Rimet [i.e. Rimey] et l’Adjudant-Chef Treuvey, nettoient certains quartiers de Saint-Claude. Au cours de cette opération, de nombreux morts et blessés furent à déplorer (parmi les tués, le Colonel Filippi, Lieutenant Rimet [i.e. Rimey] ».

Ses obsèques se déroulèrent en l’église du Sacré-Coeur le  28 septembre 1944. Il est inhumé dans le cimetière des Chaprais de Besançon.

Photo de la tombe de Pierre Rimey au cimetière des Chaprais.

Vue générale de la tombe de Pierre Rimey au cimetière des Chaprais (photo Alain Prêtre).

Le 24 janvier 1946, il est déclaré « Mort pour la France » par avis du Secrétaire Général des Anciens Combattants ; l’acte est enregistré le 31 janvier 1946 (cote AC 21 P 21266). A titre posthume, il est Chevalier de la Légion d’Honneur, il reçoit la Médaille de la Résistance et la Croix de Guerre avec palme. Une rue de Luxeuil-Les-Bains (Haute-Saône) porte son nom.

Sur le Monument aux Morts de Besançon, il est inscrit RIMET Pierre. Sur le Livre d’Or, il est inscrit RIMET Pierre Charles Louis.

Sources : Archives Municipales de Besançon, État civil, registre des décès, 1944, acte de décès n° 997 (1 E nc) ; Convoi des victimes civiles et FFI décédés les 5-8 septembre à Besançon, obsèques nationales le 11 septembre 1944 (4 H 52/1) ; Les Nouvelles de Besançon, 11, 13 septembre 1944, n° 17, 28 septembre 1944 ; ROBERT, Emmanuelle, Le Réseau Marco du S.R. Kleber : décembre 1943-septembre 1944, Paris I – Panthéon-Sorbonne, Maitrise d’Histoire, octobre 1996 ; Memorial Genweb. Org (référence  bp-5167756) ; Notice biographique sur le site aassdn.org (Association des Anciens des Services Spéciaux de la Défense Nationale); recherches section du Doubs du Souvenir Français.

Relevés de monuments : Besançon, Monument aux morts; Besançon, Stèle commémorative Place de la Liberté; plaques commémoratives de Notre Dame de la Libération à la Chapelle des Buis; Besançon,

Sur les plaques commémoratives de Notre Dame de la Libération, à la Chapelle des buis, figure le nom de Pierre Rimey.

Nom de Pierre Rimey sur plaques commémoratives de Notre Dame de la Libération à la Chapelle des Buis.

Livre d’or des habitants de Besançon morts pour la France, 1961   (AMB,  4 H 83).