Portrait du Résistant Jean Robert

 Vingt troisième et avant dernier portrait de résistant tué lors des combats pour la libération de Besançon et dont le nom figure sur la stèle de la Résistance, place de la Liberté, aux Chaprais. Ce portrait, comme les autres, a été établi par mr. Bernard Carré.

Une photo de char américain, prise le 7 septembre 1944, avec des policiers français juchés dessus comporte-t-elle la orésence de Jean Robert aux côtés de Louis Renaudin?

Jean Robert lors des combats de la libération, est-il sur sur ce char américain avec le policier Louis Renaudin?

ROBERT Jean Auguste  est né le 5 septembre 1918 à Besançon (Doubs). Il était photographe dans l’entreprise Roux en 1936, puis gardien de la Paix en 1944.

Portrait de Jean Robert, policier

Jean Robert policier

Il était fiancé avec Mariette Petitjean.

Il s’était installé à Besançon 8, Rue du Foyer Familial, chez ses parents, depuis sa naissance.

Il a été tué à l’ennemi le 7 septembre 1944 à 19h, lors d’un accrochage rue Nicolas Bruand à Besançon. Dans son rapport « sur l’expédition de Saint-Claude», Marcel Riffey écrit :

« Le jeudi 7 septembre 1944, vers 18h30, nous sommes montés sur 3 chars américains à l’extrémité de la Rue de Belfort, devant le Café Belz. […]

 Notre groupe se composait d’environ 25 à 30 FFI et isolés sous le commandement du Lieutenant Manotte.

 Nous étions une dizaine sur le premier char ; j’ai reconnu à mes côtés Mussillon, secrétaire de Police, Renaudin, brigadier de Police, Cretin, Agent de Police, Robert, Agent de Police, Renaud, Agent de Police, Renard Henri, Avenue de La Vaite, Guèpe, Agent de Police.

Portrait de Jean Robert militaire

Jean Robert alors jeune militaire

 À 19h15, nous sommes partis grimpés sur les chars en direction de Saint-Claude. Les chars descendirent la Rue de Belfort et montèrent l’Avenue Foch. Celui sur lequel j’étais s’arrêta en face de la Villa Douce. Là, on nous fit prendre la formation de combat en ligne de tirailleurs, direction Saint-Claude. Nous avons traversé les Glacis devant la Gare Viotte et nous sommes arrivés au passage en dessous du Pont de chemin de fer de la rue de Vesoul. À ce moment, les deux autres chars sont arrivés et tous les camarades sont descendus et se sont joints à nous.

 Nous nous sommes engagés dans la Rue de Vesoul en formation de combat de rue.

 Le Lieutenant Manotte nous avertis alors : « Attention les gars, les Allemands sont du côté du Chemin Français ». Nous avons continué de monter la Rue de Vesoul en rasant les murs en accompagnement des chars qui marchaient sur la chaussée.

 Le premier char ouvrit le feu en passant devant les Pompes Funèbres. À ce moment, notre groupe se partagea, quelques hommes s’engagèrent dans le chemin Larmet ; les autres, dont je faisais partie, continuèrent sur la rue de Vesoul. Arrivés en face de la Rue Nicolas Bruand, nous avons été accueillis par une rafale d’armes automatiques et quelques coups de canon. Nous étions à ce moment en colonne par un, espacés de 3 mètres environ les uns des autres, rasant le mûr gauche, côté Pompes Funèbres. […]

 Les coups provenaient d’une arme automatique installée au coin du Chemin Français. Durin et moi avons aussitôt ouvert le feu dans cette direction. Pendant ce temps, Robert, Agent de Police, traversait la Rue de Vesoul et allait se poster au coin de la Rue Nicolas Bruand pour tâcher de déterminer l’emplacement de cette arme automatique. Ne voyant rien, il sauta dans la Propriété Pacaud et se mit à l’abri des arbres devant la façade. Par signes, il me fit comprendre que des coups de feu partaient d’une lucarne. Je me penchais pour voir, mais une balle traversa ma casquette. Juste à cet instant, un obus éclatait sur la façade de la Maison Pacaud, nous criblaient d’éclats et blessait mortellement Robert.

Robert réussit en se trainant à se mettre à l’abri de la maison en nous faisant signe qu’il était touché. Des rafales balayant la route, je ne pus me porter à son secours malgré plusieurs tentatives.

Le char qui continuait à tirer, stoppa, puis recula en marche arrière. Mussillon nous cria l’ordre de nous replier aussi […].

Ici s’arrête notre action sur la route de Saint-Claude, jeudi soir 7 septembre vers 21 heures ». (Musée de la Résistance et de la Déportation, Besançon, Fonds Devaux-Maurin, Boîte 1, Archives de la SRD2, Groupement de Besançon,  Liasse D 9,  Rapports du groupe Manotte, Document 6, Rapport de Marcel Riffey, FFI, au Lieutenant Manotte).

Il reçoit l’hommage d’obsèques nationales à l’Institution Saint-Joseph, avenue Fontaine Argent le 11 septembre 1944. Il est inhumé dans le cimetière Saint-Ferjeux de Besançon.

Une tombe au nom de la famille Robert a été retrouvée à Saint-Ferjeux. Mais il est douteux que cela soit celle de Jean Robert...

S’agit-il de la tombe de Jean Robert, au cimetière de Saint-Ferjeux?

Le 12 juin 1945, il est déclaré « Mort pour la France » par avis du Commandant des FFI, sous-région D2 ; l’acte est enregistré le 13 juin 1945 (cote AC 21 P 21266).

Une petite fille de 10 ans, Claude Robert, a été tuée lors des combats pour la libération de Besançon; il ne semble pas qu'elle appartienne à la famille de Jean Robert.

Sur la tombe de la famille Robert, cette inscription concernant une petite fille de 109 ans, Claude Robert, tuée lors des combats de la libération.

A l'hôtel de police de l'avenue de la Gare d'Eau, à Besançon, a été érigée une stèle commémorative en mémoire des policiers morts pour la France. Jean Robert y figure.

Stèle commémorative en mémoire des policiers morts pour la France.

Sources : Archives Municipales de Besançon, Recensement de Population, 1936, Besançon, 10° section (1 F 195) ; État civil, registre des décès, 1944, acte de décès n° 931 (1 E nc) ; recherches de la section du Doubs du Souvenir Français.

Convoi des victimes civiles et FFI décédés les 5-8 septembre à Besançon, obsèques nationales le 11 septembre 1944 (4 H 52/1) ; Musée de la Résistance et de la Déportation, Besançon, Fonds Devaux-Maurin, Boîte 1, Archives de la SRD2, Groupement de Besançon,  Liasse D 9,  Rapports du groupe Manotte, Document 6, Rapport de Marcel Riffey, FFI, au Lieutenant Manotte ; Les Nouvelles de Besançon, 11, 13 septembre 1944, n° 9, 19 septembre 1944 ; Memorial Genweb. Org (référence  bp-5167756)

Relevés de monuments : Besançon, Monument aux morts; Besançon, Stèle commémorative Place de la Liberté; plaques commémoratives Notre Dame de la Libération de la Chapelle des Buis; stèle des policiers morts pour la France, hôtel de police, avenue de la Gare d’Eau;

Le nom de Jean Robert figure sur les plaques commémoratives de Notre Dame de la Libération, à la Chapelle des Buis, parmi de nombreuses personnes tuées durant cette seconde guerre mondiale et qui s'appelaient Robert...

Plaques commémoratives de Notre Dame de la Libération à la Chapelle des Buis.

Besançon, Livre d’or des habitants de Besançon morts pour la France, 1961   (AMB,  4 H 83).

Nous avons reçu, depuis la publication de ce billet, des précisions données par mr Christian Mercier, neveu de Jean Robert, au sujet de sa sépulture. En fait il est enterré au cimetière des Chaprais. Voir les deux photos jointes ci-dessous.

La sépulture de Jean Robert est au cimetière des Chaprais

Tombe de la famille Robert aux Chaprais

Jean Robert