Portrait du Résistant Antoine Kneisky

Quinzième portrait de Résistant tué lors des combats pour la libération de Besançon, établi, comme les précédents, par mr. Bernard Carré.

Sur la stèle commémorative érigée dans la cour de l'hôtel de police de Besançon, le nom d'Antoine Kneisky y figure.

La stèle commémorative dans la cour de l’hôtel de police de Besançon (photo Alain Prêtre).

KNEISKY Antoine est né le 30 juillet 1918 à Besançon (Doubs), fils d’Ernest, patron cordonnier, né à Delle (90) en 1889, et de Hermine Calame Rosset, née en 1893 à Neuchâtel (CH).

Il était employé de bureau dans l’entreprise [?] au recensement de 1936 et gardien de la Paix dans son acte de décès.

Il s’est marié le 11 décembre 1942 avec Éliane Croutier ou Troutier et a eu [?] enfants.

Il s’est installé à Besançon 11, Chemin des  Graviers Blancs, chez ses parents.

Il a été tué à l’ennemi le 7 septembre  vers 15 h à l’intersection de la rue Beauquier et de la rue de Vesoul. Il a fallu une enquête, effectuée par la police judiciaire, pour qu’Antoine  Kneiski reçoive la mention « Mort pour la France » en octobre 1952. Dans le procès-verbal de son audition, André Deret, lui aussi Gardien de la Paix, avait déclaré : « Le jeudi 7 septembre 1944, jour où les FFI ont attaqué les Allemands retranchés dans le quartier Saint-Claude, je me trouvais à la maison ou j’habite, rue Beauquier, presque à l’intersection de la rue de Vesoul.

Entendant le bruit de coups de feu, j’ai pensé que ma présence serait utile au groupe de FFI formés de policiers et commandés par Monsieur Mussillon, secrétaire. Je me suis donc préparé pour venir en ville au Poste des Chaprais.

En sortant de chez moi, je me suis trouvé en présence du cadavre de mon collègue Kneisky, qui demeurait aux Graviers Blancs. Kneisky était en uniforme de Gardien de la Paix et a sûrement été tué par les Allemands alors que, comme moi, il venait prendre son poste.

Il ne fait aucun doute que Kneisky a été tué en service, et que sa mort est imputable à un fait de guerre. C’était le début des combats de libération et les Allemands tiraient sur tout homme qui, contrairement à leurs ordres, était vu circuler dans les rues.

Au moment ou Kneisky a été tué, le 7 septembre 1944, vers 15 heures, des Gardiens de la Paix FFI avaient déjà ouvert le feu sur les Occupants. Ces derniers ont donc dû tout naturellement tirer sur un adversaire…  ». (Archives départementales du Doubs, Liasse 313 W 3 : Décisions d’attribution de la mention « Mort pour la France », Dossier 2 : Transmission au Ministère, Pièce 12 : Procès-verbal de déclaration de Monsieur André Deret, Gardien de la Paix à Besançon, 28 octobre 1952).

Cette déclaration est confirmée par celle de René Mussillon, secrétaire de Police qui avait précisé : « Le 7 septembre 1944, alors que les combats de la Libération de la ville venaient de débuter, vers 15 heures, j’ai été avisé que le corps du Gardien de la Paix Kneisky se trouvait rue de Vesoul, à l’intersection de la rue Beauquier.

Les Allemands tenaient tout le quartier Saint-Claude et, devant être attaqués dans la soirée, il n’était pas possible d’aller relever le cadavre de mon collègue. Cette opération n’a pu être effectuée que le lendemain après la défaite et la retraite de l’occupant.

Kneisky a été tué, par balles, alors qu’en tenue, il venait certainement prendre son service, sachant que sa présence pouvait être utile… ». (Archives départementales du Doubs, Liasse 313 W 3 : Décisions d’attribution de la mention « Mort pour la France », Dossier 2 : Transmission au Ministère, Pièce 13 : Procès-verbal de déclaration de Monsieur Monsieur Mussillon René, secrétaire de Police à Besançon, 28 octobre 1952).

Et le commissaire enquêteur du 3° arrondissement Henri Moracchini, en synthèse des  auditions réalisées, avait écrit dans son rapport du 28 octobre 1952 : « En exécution des instructions citées en référence, j’ai l’honneur de vous rendre compte qu’aucun témoin susceptible de témoigner sur le décès de Mr. Kneisky Antoine, n’était présent sur les lieux.

Le 7 septembre 1944, vers 15 heures, au moment où Kneisky a trouvé la mort, les combats de libération étaient commencés dans le quartier Saint-Claude. Les Allemands tiraient sur toute personne, qui contrairement à leurs ordres, circulait dans les rues.

Des renseignements recueillis auprès de Mr. Deret, gardien de la Paix, résidant à proximité du lieu où fut tué Kneisky, il ressort que ce dernier a trouvé la mort alors qu’il venait prendre son service au Poste des Chaprais. Kneisky a certainement été tué par des Allemands qui étaient été retranchés dans les abris situés sur la pelouse entre la rue Beauquier et la rue de Vesoul.

Il est certain que la mort de Kneisky est imputable à un fait de guerre. » (Archives départementales du Doubs, Liasse 313 W 3 : Décisions d’attribution de la mention « Mort pour la France », Dossier 2 : Transmission au Ministère, Pièce 14 : Rapport du Commissaire de Police chargé du 3° arrondissement à Monsieur le Commissaire central à Besançon, 28 octobre 1952 ; Enquête au sujet du décès de Mr. Kneisky, gardien de la Paix à Besançon).

De ce qui ressort des documents ci-dessus, c’est qu’Antoine Kneisky a été tué le 7 septembre 1944 vers 15 heures. René Mussillon a indiqué que son cadavre n’a été relevé que le 8 septembre « après la retraite de l’Occupant ». Sur la déclaration d’Éliane Croutier, sa femme, l’acte de décès indique qu’il est tué « le 8 septembre 1944 à 11h, Rue de Vesoul à Besançon ».  Il reçoit l’hommage d’obsèques nationales à l’Institution Saint-Joseph, avenue Fontaine Argent le 11 septembre 1944. Il a été inhumé dans le cimetière Saint-Claude de Besançon.

Vue générale de la tombe d'Antoine Kneisky au cimetière de Saint Claude.

La tombe d’Antoine Kneisky au cimetière de Saint-Claude.

Dans Les Nouvelles de Besançon, numéro 7 du 16-17 septembre 1944, la famille fait paraître un avis de remerciements ainsi rédigé : « Les famille Kneisky, Calame, Jeanmaire et toute la parenté remercient vivement tous leurs amis et connaissances et particulièrement les habitants de Saint-Claude qui leur ont témoignés tant de sympathie à l’occasion du décès de M. Antonin Kneisky, leur mari, fils, petit-fils, neveu et cousin ».

Le 17 novembre 1952, il a été déclaré « Mort pour la France » par avis du ministre des Anciens Combattants et Victimes de guerre ; l’enregistrement a été effectué le 22 novembre 1952 (cote AC 21 P 21266). Il n’est pas inscrit dans le « Livre d’Or » de Besançon.

Gros plan de la stèle de la tombe d'Antoine Kneisky au cimetière de Saint Claude.

Stèle de la tombe au cimetière de Saint Claude.

Sources : Archives Municipales de Besançon, Recensement de Population, 1936, Besançon, 11° section (1 F 196) ; État civil, registre des décès, 1944, acte de décès n° 930 (1 E nc) ;  Convoi des victimes civiles et FFI décédés les 5-8 septembre à Besançon, obsèques nationales le 11 septembre 1944 (4 H 52/1) ; Archives départementales du Doubs, Liasse 313 W 3 : Décisions d’attribution de la mention « Mort pour la France », Dossier 2 : Transmission au Ministère, Pièces 12-14 : [Dossier Antoine Kneisky] ; Les Nouvelles de Besançon, 11 septembre 1944 ; n°7, 16/17 septembre 1944 ; Memorial Genweb. org (référence  bp-5167756); recherches de la délégation du Doubs du Souvenir Français.

Relevés de monuments : Besançon, Monument aux morts; Besançon, Stèle commémorative Place de la Liberté; plaques

L'inscription d'Antoine Kneisky sur les plaques commémoratives de la Chapelle des Buis comporte une erreur de transcription.

Plaques commémoratives de Notre Dame de la Libération à la Chapelle des Buis.

commémoratives de la Chapelle des Buis (orthographe incorrect de son nom : il manque un i); stèle commémorative de l’hôtel de police de Besançon.