Kelton et le départ des Chaprais

Kelton fabriqua aussi des montres de plongée étanches jusqu'à 25 m

Montre Kelton, étanche en plongée jusqu’à 25 m

Les distributeurs horlogers refusant, à cause de Lip, de vendre ses montres bon marché, la direction KELTON embauche, l’ancien Directeur des Ventes de Bic, et va  profiter de ses circuits de distribution, notamment les bureaux de tabac, et les papeteries. Mr Boullier, achète toujours certaines fournitures dans le haut Doubs .

Il  revend son entreprise à TIMEX..La marque KELTON est conservée

Peu à peu, KELTON récupère à Besançon la fabrication des pièces détachées de Dundee.
Mr Michel Maillardet, outilleur à l’époque, formé en SUISSE,  travaille dans l’entreprise familiale à Morteau et Besançon; il prend la place de Mr Leroy à la direction.
Au préalable, Mr Maillardet a été envoyé 6 mois à TIMEX LACO à Pforzheim en Allemagne  en tant qu’outilleur car les américains trouvant les allemands très pointus , se disaient « si il réussit à ce test, c’est un bon… »

En 1961, construction de la première tranche de l’usine, 1 rue Denis Papin à Besançon.

Une photo prise opar Bernard Faille, de l'Est Républicain montre mr Boullier sur le chantier de la future usine en juin 1961

Mr Boullier et deux collaborateurs sur chantier future usine, juin 1961 (photo B. Faille)

En 1965 et 1966 les tranches T2 et T3 sont construites puis en 1970, la tranche T4, en 1975, T5 et T6 et en 1977 la dernière partie T7. La superficie de l’usine atteindra 44 000 m2 sur 2 niveaux.

Une photo de Bernard Faille, de l'Est Républicain, montre l'usine Kelton en mars 1972

Usine Kelton en mars 1972 (photo B. Faille).

Tous les éléments des montres KELTON seront fabriqués à l’usine de Besançon, dont 50% exportés dans les autres unités TIMEX à travers le monde.

La production des pièces détachées, des boitiers et des verres de montres et l’assemblage complet de la montre nécessitaient entre autres, une importante main-d’œuvre féminine jeune et ayant une excellente vue. Le personnel  était  constitué de 40% hommes et 60%  de femmes.

A la fabrication des mouvements , les femmes étaient réparties le long des convoyeurs et de chaque côté, elles recevaient le support, mettaient une vis et le reposaient sur le tapis pour alimenter la suivante qui posait un ressort etc …Une quinzaine de pièces constituaient un mouvement de montre. Souvent les ouvrières chantaient en travaillant …Belle époque!

Elles portaient toutes des blouses jaunes, et  étaient surnommées  « les jaunottes »

D’ailleurs les blouses annonçaient la couleur. Les salariés du Service Après Vente étaient en bleu ciel, les expéditions en orange, les ateliers des boites et cadrans en bleu foncé, tandis que les responsables, les horlogers, les techniciens étaient en blanc

Les ventes, en France vont passer de 136 000 unités en 1962 à 2 140 000 unités en 1972.

Une page de publicité Kelton des années 70 montre les différents modèles de montres

Une page de publicité Kelton

La progression de la production de montres  passera  de 148 000 unités en 1962 à

3 900 000 unités en 1972.

Le personnel atteindra les 2500 personnes en 1975 et prés de 3000 personnes dans les années suivantes.

La direction adoptera la journée continue, une première sur Besançon, après la mise en place d’une cantine dans l’usine. 45 mn d’arrêt pour le personnel au moment du déjeuner.
En 1975, Luigi Carretta mettra  en place  39 bus de vacations journalières, ils permettront d’aller chercher le personnel dans un rayon de 60 km, dans toutes les directions autour de Besançon. Ces cars parcourront plus de 2000 km journaliers. Certains chauffeurs  faisaient partie du personnel de l’usine.  Luigi me précise que Peugeot à cette époque avait supprimé ses bus de ramassage du personnel, belle aubaine pour son projet….

Alain Prêtre

A SUIVRE…

sources : Luigi Carretta  livre de ses mémoires personnelles; Claude Guillemin et Alain Prêtre leurs souvenirs personnels; TIMEX  Magazine revue mensuelle mise en place en 1975 et 1976 par la Direction pour améliorer  la communication avec le personnel; 2 photos de Bernard Faille (Mémoire Vive ville de Besançon).