Grève et manifestation d’employés de banque

Banque Populaire

Ce n’est pas fréquent, mardi 24 mars 2015, une partie des salariés de la Banque populaire et de la Caisse d’épargne de Bourgogne et de Franche-Comté était en grève à l’appel de l’intersyndicale CFDT, CFTC, UNSA.

 

Banque populaire place de la 1° armée

Ils étaient une soixantaine à se  rassembler devant le siège de la Banque populaire place de la première armée française (avenue de l’Helvétie). Les grévistes protestaient contre une dégradation des conditions de travail et une stagnation des salaires tandis que les profits augmentent. Ils demandent l’embauche de jeunes. Selon la direction, qui a réalisé un sondage, il y a quelques mois, « 80 % des employés sont satisfait de leur travail ». La grève était organisée au niveau national. L’intersyndicale avait demandé à être reçue par François Perol le Président du groupe. Au début de l’après midi les délégués ont été reçu par la DRH du Groupe, Anne Mercier Gallay, en présence de deux DRH , l’un d’une Banque Populaire (BPRi) et l’autre d’une Caisse d’épargne (CEBFC). Mais en  l’absence de François Perol, à qui le rendez-vous avait été demandé, le dialogue n’a pas eu lieu.

Grève à la Banque Populaire (photo CFDT)

Rappel : c’est en 2009 qu’a eu lieu  le rapprochement des Caisses d’Epargne et des Banques populaires pour « donner naissance au deuxième groupe bancaire français, avec 34 millions de clients, plus de sept millions de sociétaires, 7.700 agences et près de 110.000 collaborateurs », selon la ministre de l’Economie UMP, de l’époque, Christine Lagarde. C’est la conséquence de la crise financière de 2008 et des pertes massives dans Natixis (une filiale commune). Affectée par ses choix de gestion, notamment durant la crise des subprimes, l’action Natixis a en moins de deux ans perdu près de 95 % de sa valeur, en passant sous le seuil de 1 euro en mars 2009, stabilisée autour de 3,5 € en 2010. Natixis a subi aussi l’escroquerie de Bernard Madoff. Seulement en 2008, Natixis a perdu environ 2 milliards d’euros renfloués par les contribuables.

La nomination de François Pérol  (ex secrétaire général adjoint de l’Elysée, principal conseiller économique de Nicolas Sarkozy) comme président de l’ensemble avait suscité quelques contestations. Le 6 février 2014, François Pérol a été mis en examen pour prise illégale d’intérêts. En avril, puis de nouveau en juillet 2014, BPCE est pointé pour ses « pratiques infractionnistes » en matière de durée du travail, en raison du manque de mesure des temps de repos des salariés. Ceci s’intercale dans la condamnation, en appel, de la caisse d’épargne de Lyon pour ses pratiques managériales.

Pour faire taire les controverses que sa nomination avait suscitées et apporter la preuve qu’il acceptait cette mission de manière désintéressée, le patron de BPCE, François Pérol, a perçu en 2009 une rémunération brute annuelle de 550.000 euros pour la part fixe mais a renoncé à la part variable. Le conseil de surveillance de la banque BPCE, qui s’est tenu 24 février 2010, a décidé pour 2010 de tripler la rémunération annuelle de son président, François Pérol, et de lui attribuer de surcroît une indemnité de 60.000 euros pour frais de réception et de représentation, selon des informations confidentielles obtenues par Mediapart.

Selon l’Agefi, François Pérol, le président du directoire de BPCE, a touché un bonus de 891.000 euros au titre de 2013, en hausse de 58% par rapport à 2012, révèle le document de référence du groupe.  Le salaire fixe de François Pérol est resté stable à 550.000 euros. Sa rémunération totale pour 2013, y compris avantages en nature, s’élève donc à 1,45 million d’euros.

 

 

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