Suard et Proudhon….

Photographie de Pierre Joseph Proudhon

Pierre Joseph PROUDHON

Pour faire suite au débat sur les Suard (voir billet précédent), nous avons reçu de Christian Mourey (encore merci!) le texte publié ci-dessous. Les illustrations ont également été choisies par son auteur.

Alors même si Proudhon est né à Battant,

Maison natale de P.J. Proudhon à Battant

La maison natale de Pierre Joseph Proudhon

quartier de l’ami Christian, n’oublions pas que Pierre-Joseph avait été statufié aux Chaprais, avenue d’Helvétie (voir le billet du 9 août 2014  consacré à la visite, à Besançon, du Président de la République, Armand Fallières, qui inaugura cette statue en août 1910). 

« Des époux Suard, la chronique bisontine a surtout retenu une initiative de Madame veuve, une pension destinée à mettre à l’abri du besoin un jeune particulièrement méritant. Son montant est de 1500 francs annuels pour 3 ans. Le casting est réalisé par l’Académie de Besançon. En 1838, Pierre-Joseph Proudhon en est le troisième adjudicataire. Mais en 1840, il publie « Qu’est-ce que la propriété ? C’est le vol » dédié à l’Académie. C’est la tempête sous la coupole bisontine qui désavoue Proudhon tout en lui conservant sa pension.

proudhon sera beaucoup caricaturé dans le Charivari.

Caricature de Cham parue dans le Charivari

Le 18 janvier 1842, le Parquet du Roi lance une procédure pour attaque à la propriété, excitation à la haine, outrage à la religion. Le 3 février,c’est le procès d’Assises. Dans une dernière prise de paroles, Proudhon s’en prend aux académiciens, à Jean-Baptiste Suard, à Droz, son parrain à l’Académie. Orgueil ? Ingratitude ? Il est acquitté, par respect de la liberté d’expression et comme le dira un autre « pays », Victor Hugo, « pas de haine pour l’intelligence ».

Proudhon distinguait la propriété des grands propriétaires terriens et des patrons de la grande industrie naissante de la petite propriété citoyenne. Ainsi en 1852, il attaquait en en Justice 2 libraires bisontins au nom de la propriété littéraire. Il perdait son procès devant la Cour d’Appel. Ses adversaires étaient défendus par Maître Tripart, l’avocat qui l’avait soutenu aux Assises de 1842. « 

statue de Proudhon, par le sculpteur Lethier

Statue de Proudhon au Rond Point des Bains, avenue d’Helvétie