La fabrique d’horlogerie ATO, aux Chaprais, création de Léon Hatot

Les horloges électriques ato ont équipé les gares françaises

Horloge de gare Ato

Parmi les nombreuses fabriques d’horlogerie qui s’installeront aux Chaprais à la fin du XIX° siècle et au début du XX° siècle(voir nos billets consacrés sur ce blog à Maty, Sarda, Difor, Pétolat, Amiet, etc.), celle de Léon Hatot, dont la marque de joaillerie perdure encore de nos jours, en Suisse, mériterait un long développement.

Évoquons tout d’abord Léon Hatot : il est né le 22 avril 1883 à Châtillon sur Seine. il n’était donc pas franc-comtois d’origine, mais il fut formé entre 1895 et 1898 à l’Ecole d’Horlogerie de Besançon. Formation qu’il compléta à l’Ecole des Beaux Arts de Besançon. Ce qui explique que dès le début du XX° siècle (1905), il se spécialise dans la gravure en boîtiers de montres. Il développe très rapidement un atelier artisanal employant une douzaine d’horlogers spécialisés dans la fabrication de montres que l’on qualifierait aujourd’hui de haut de gamme. Il semble que ce soit à cette époque qu’il installe ses ateliers au n°13 de la rue de la Rotonde,

Au 13 rue de la Rotonde, en fond de cour, les areliers d'horlogerie ATO

Les bâtiments de la fabrique ATO au début du XX° siècle

où les bâtiments d’origine subsistent encore.

 

 

Les appartements, aujourd'hui, à la place des ateliers Ato

Les ateliers ont été transformés en appartements

Puis vers 1911 direction Paris: il reprend la suite de la Maison Bredillard et crée une maison de vente en gros. Mais il garde sa fabrique rue de la Rotonde. Il est alors considéré dans les « maisons » de la rue de la Paix, à Paris comme un créateur de talent de montres artistiques et de montres de grand luxe, avec des modèles ultra plats et une grande originalité dans le décor.

La marque Léon Hatot est synonyme de luxe

Léon Hatot marque de joaillerie encore prestigieuse aujourd’hui

Et si cette marque prestigieuse existe toujours, en Suisse, elle appartient,depuis l’an 2000, au groupe Swatch qui développe alors un réseau de boutiques à travers le monde.

Les horloges et pendules électriques Ato remontent aux années 1930

Publicité pour les horloges et pendules ATO

Mais outre cette renommée dans la joaillerie de luxe, un des grands succès de Léon Hatot, mort en 1953 à l’âge de 70 ans, ce sont ses horloges fabriquées sous la marque ATO.Horloges qui équiperont les gares françaises et dont la simplicité du design du cadran et la facilité de lecture sont encore aujourd’hui imitées. D’autant que ces horloges furent électriques très tôt! Il s’intéressa dès 1920 à ces pendules électriques à piles, puis alimentées par l’électricité. pour cela il avait embauché un ingénieur diplômé de l’Ecole Supérieure d’Électricité. Compte-tenu de sa formation artistique, ses pendules furent aussi de véritables objet d’art par l’emploi du marbre, de métal chromé, de boîtiers en marqueterie avec des bois précieux et même de verre avec Lalique!

Une des nombreuses pendules d'Aro

Pendule ATO

Les promoteurs qui avaient acheté le terrain, sans démolir les bâtiments de la fabrique qui furent, dès 1933, transformés en appartements d’habitation, ont tenu à rappeler ce passé prestigieux de ce lieu, en baptisant « ATO » la petite résidence de 11 appartements qui doit être, dans les mois à venir, construite le long de la rue de la Rotonde, devant les anciens bâtiments qui eux sont situés en fond de cour.

Nous remercions mr Patrick Theuriet pour les renseignements communiqués. Nous vous invitons par ailleurs, si vous souhaitez en savoir plus, à lire l’article de mr Michel Viredaz, paru dans le bulletin Chronométrophilia n°56 (été 2004) que vous pourrez découvrir sur internet sous le titre « Léon Hatot et les horloges électriques ATO ». Cet article nous a fourni des renseignements précieux pour la rédaction de ce billet.

 

Les pendules étaient vendus sur catalogue : un des modèles

Modèle de pendule ATO

Une des nombreuses pendules Ato

Une pendule Ato coffret en bois