Portrait de Jean Pierre Rouillon

Jean Pierre Rouillon

Portrait de Jean Pierre Rouillon du CCH  Interview réalisée au FJT les Oiseaux le 27 octobre 2010 et republiée en octobre 2014

Depuis combien de temps êtes vous dans le quartier ?

Depuis 1972, dans un petit appartement du 46 de la rue des Cras. Puis je me suis marié, on a eu un enfant, on a changé d’appartement, mais en restant dans ce même grand immeuble qui date des années 60 et rassemble environ 150 logements sans compter les logements du Foyer.

carrefour rue des Cras rue Résal

Etes-vous bisontin d’origine ?

Non, je viens de Saint Sauveur en Haute Saône, près de la base aérienne de Luxeuil.

Quel a été votre parcours professionnel ?
Avant de prendre ma retraite, j’étais « homme à tout faire » durant 30 ans à Micropolis. Il s’agissait de préparer les expositions et salons de petits travaux de menuiserie, de plomberie, monter, démonter les stands .. Auparavant, j’ai travaillé chez Lip comme horloger de fabrication. J’avais fait l’école de l’horlo pour obtenir un CAP. Il y a eu le conflit, j’ai été repris par Neuschwander en 1973 puis un nouveau conflit et des licenciements. Ma femme n’ayant pas d’emploi, il me fallait trouver un boulot. J’ai eu cette opportunité à la patinoire qui était dans les locaux de la Foire à l’époque. Et finalement j’y suis resté
Votre passage chez Lip vous a-t-il marqué ?
Oui ça m’a marqué et manqué. Il y avait une ambiance unique. C’est pas facile de retrouver un autre emploi, de refaire de nouvelles relations avec d’autres personnes. On ne quitte pas facilement des copains de travail. Mais je ne veux pas resté tourné vers le passé, faire l’ancien combattant.
Comment occupez-vous vos loisirs ?
J’aime bien bricoler, mais dans un appartement, c’est pas facile. Faute de place, on passe autant de temps à sortir et ranger ses outils qu’à les utiliser ! Je veille à respecter les voisins : on ne peut pas faire du vacarme au milieu de la nuit ! Je marche et utilise l’ordinateur. Surtout depuis que je suis membre du CCH. Il nous arrive de venir manger au restaurant du Foyer des Oiseaux. C’est bien pratique à deux pas de chez nous.
Vous êtes devenu membre du CCH et même responsable d’une de ses commissions, comment en êtes vous arrivé là ?
Pour constituer le Conseil consultatif des habitants du quartier, la mairie a distingué 4 collèges. Moi, je fais partie du premier collège. J’ai été tiré au sort sur une liste électorale. On m’a contacté pour me demander si j’acceptais. J’ai répondu oui et depuis, je participe régulièrement. Si je peux être utile, cela me plait.
Vous étiez vous déjà intéressé aux questions du quartier auparavant ?
Pas tellement. Je me suis intéressé aux conditions de logement dans le HLM. Etant bricoleur, j’avais refait les portes de mon placard. Or la société HLM a décidé un beau jour (il y a une dizaine d’années) de changer les portes de placard de tous les appartements. J’étais mécontent qu’on change justement cela, alors que les installations électriques n’étaient plus aux normes et que les sanitaires étaient dans un état lamentable. Alors, j’ai fait une pétition qui a été largement soutenue et finalement, nous avons eu gain de cause : les installations électriques et sanitaires ont été rénovées avec les placards (tout le monde n’est pas bricoleur !). Depuis, l’immeuble a été ravalé.

Immeuble du 46 rue des Cras

Quelles ont été les préoccupations de la commission dont vous avez la responsabilité ?
A la réunion plénière, il avait été décidé de constituer 4 commissions, mais finalement seules deux fonctionnent. La commission urbanisme dont s’occupe M Cyril Broc d’une part et d’autre part, la commission qualité de vie et tranquillité publique dont je m’occupe. Nous avons présenté le bilan au Forum, le samedi 16 octobre. De notre côté, nous avons alerté la mairie sur 5 questions. Tout d’abord, il y a la question des tags qui, enlaidissent les murs du quartier. Il n’est pas normal que ceux qui subissent ces dégradations soient en plus obligés de payer le nettoiement, d’autant que cela ne s’arrête pas. Il y a aussi des ravalements qui s’imposent et que la mairie devrait encourager. Quand on arrive à Besançon par la rue de Belfort, près de la rue du Chasnot par exemple, on voit de belles devantures de magasins, mais il ne faut pas lever les yeux sur l’état du crépi et des fenêtres de certains immeubles au dessus !
Quelles ont été les autres questions ?
Il y a en second lieu la place de la Liberté qui devrait être réaménagée. Le maire s’y est engagé, mais rien n’est budgété. Il faut en faire une vraie place avec un pôle d’attraction. La commission souhaite qu’un concours soit lancé. Dominique Calame serait prêt à y installer une sculpture.

projet de D Calame pour la Liberté

Un besoin précis n’est pas satisfait dans le secteur : il y a un manque de toilettes publiques. Les plus proches sont situées sous l’office du tourisme, mais elles sont souvent fermées.

En troisième point, il y a la question des nuisances à proximité des vendeurs de pizzas ou kebabs. Nous ne sommes pas contre le commerce et l’animation, mais il faut constater que ces commerces attirent des clients en véhicule alors que les places de parking font défaut. Résultat, les trottoirs ne sont plus praticables par les piétons. Ils sont obligés de descendre au risque de se faire renverser. Les déchets abandonnés sur place, le va et vient permanent, les sonos de voiture à fond, les portes qui claquent etc … Tout cela devient parfois insupportable pour les voisins. Suite à nos interventions, il semble que la situation se soit un peu améliorée au carrefour des rues de Belfort et du Chasnot et à celui des rues des Cras et Résal.
En quatrième point, il y a la prostitution, particulièrement près de la gare. Manifestement, rares sont les femmes qui font cela de leur plein gré. Comment intervenir ? On ne peut pas le faire n’importe comment. Nous avons eu une rencontre avec les animateurs de l’association Le Nid qui s’occupe de cette question en formant des intervenants qualifiés. Mais, il n’y en a pas assez. Là aussi, on a constaté parfois quelques progrès.

Forum Jean Pierre Rouillon
Comment cela se passe-t-il entre vos réflexions et la mairie ? Quel bilan tirez-vous ?
Nous sommes un conseil consultatif d’habitants du quartier. Nous évoquons quelques questions, les transmettons à Amandine Leblanc qui travaille au service démocratie participative de la ville. Elle se charge de les répartir entre les différents services concernés. En général, nous avons des réponses dans le mois qui suit. Il nous faut redemander des précisions, ce qui prend encore du temps. Ce rythme assez lent et la lourdeur de fonctionnement peuvent décourager les bonnes volontés. On dit que Paris ne s’est pas fait en un jour ! Au Forum, j’ai voulu faire une présentation enthousiasmante et optimiste. Mais, il est vrai que le faible nombre de Chapraisiens dans la salle et surtout le faible nombre de membres du conseil qui continuent à participer a de quoi décourager. Je ne comprends pas pourquoi les représentants qui s’absentent ne démissionnent pas et ne se font pas remplacer par d’autres plus disponibles et motivés. Personnellement, je tiens le coup si je peux être utile, car il y a des dossiers importants à examiner l’aménagement de la gare et la mise en place du Tram. Sur ces questions, les habitants veulent avoir des précisions et pouvoir donner leur avis. Si c’est assez clair pour l’aménagement de la gare elle même, c’est encore très flou pour les aménagements autour de la gare, par exemple le devenir des terrains Pomona.
L’association Vivre aux Chaprais réclame des salles de réunion. Qu’en pensez-vous ?
C’est vrai qu’il y a un manque aux Chaprais. Il y a le local de la Chapraisienne que je ne connais pas bien, le reste est excentré. Une association ne peut pas fonctionner sans un local pour se réunir, donner des rendez-vous etc..
Constatez-vous une différence entre les Cras et les Chaprais ?
Le quartier des Chaprais est plus ancien, avec peut-être des gens plus snobs qu’aux Cras qui s’est construit dans les années 60 -70 pour des habitants plus populaires. Mais c’est vrai, qu’ici aux Cras, les immeubles sont encore espacés, avec des espaces verts, de la vue. Je crains que cela ne dure pas.

Rue Paul Bert avant les constructions

On le voit rue Paul Bert où  un espace vert va être remplacé par une nouvelle construction de 14 m de haut sur un terrain de 4400 m² qui va occuper presque tout le terrain nécessitant l’abattage des arbres. C’est d’autant plus inquiétant que l’insuffisance de places de stationnement est déjà criante dans cette rue avec les commerces et l’école et la future maison de retraite. Qu’a-t-on prévu ? Rien. Cela montre bien que nos deux commissions urbanisme et qualité de vie abordent des sujets liés. Si l’urbanisme n’anticipe pas les problèmes, il devient difficile de réparer les dégâts ensuite.

Voir la page consacrée à la rue des Cras et la page consacrée à la rue de Belfort et ses commerces