Pierre et Colette Zellvègre

Pierre et Colette Zellvègre dans l’atelier de peinture

Pierre et Colette Zellvègre en 2007

Interview n° 4 réalisée le 11 décembre 2007 republiée en 2014

Depuis quand êtes-vous dans le quartier ?
Moi, Pierre, depuis 1956 et Colette depuis 1946. Elle a hérité de la maison de son grand père qui travaillait comme cheminot (chef de district) au PLM
Actuellement, votre activité principale c’est la peinture, mais quelle était votre activité professionnelle à l’origine ?
Après les 24 mois de service militaire qu’il fallait faire à l’époque de la guerre d’Algérie, je suis devenu instituteur. C’est d’ailleurs dans mon premier poste dans un village près de Sancey que j’ai fait connaissance avec ma femme.

ancienne école Paul Bert

J’ai occupé un poste à l’école Paul Bert ce qui m’a permis de connaître beaucoup de gens dans le quartier. Je faisais des projections cinématographiques pour les écoles. Puis je suis devenu conseiller pédagogique pour les activités sportives. Aimant la montagne et le ski, j’ai travaillé à Pontarlier. Colette a exercé différentes professions comme secrétaire puis représentante en matériel de sport, elle était donc souvent sur les routes.
Comment vous est venu ce goût pour la peinture et Courbet en particulier ?
J’ai commencé à l’école normale, puis à l’armée en faisant des portraits et des nus. J’ai repris des études aux Beaux Arts. Quant à mon attrait pour Courbet, il est venu d’amis qui habitaient au château de Maisières où il y restait des peintures de Courbet. J’ai travaillé la peinture au couteau et réalisé de nombreuses copies. J’ai fait visiter le musée d’Ornans et est devenu membre de son CA. A la retraite, j’ai installé mon atelier à Cléron, puis Ornans. Je suis toujours attiré par les vallées de la Loue et de la Brême.

La cribleuse de blé par Pierre Zellvègre d'après Courbet

Par exemple, cette cribleuse de blé, d’après Courbet

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans le quartier des Chaprais ?
C’est un quartier qui a conservé encore un peu un esprit de clocher, même s’il tend à s’émousser. Les gens se connaissent et la présence de tant de commerces et de services sur place, c’est bien pratique.

Qu’est-ce qui a le plus changé aux Chaprais ?
Ce sont les constructions qui ont poussé partout, ça fait peur. Dans notre jeunesse, il y avait encore des jardins avec 2 grands arbres à la place de l’immeuble du 28 de la rue de la Rotonde, construit dans les années 50. Il y avait encore une ferme aux Cras et une dame venait livrer du lait. Plus récemment, c’est le parc de la propriété Friez avec ses arbres magnifiques qui a été rasé pour construire le « Pierre Louis ».

Quels sont vos souvenirs de la vie dans le quartier des Chaprais ?
Rue de Belfort, il y avait le dépôt des Monts Jura de la famille Regnier. L’arrière grand père de Colette y était débardeur avec des bœufs pour transporter le bois vers 1880. A l’époque des machines à vapeur, les gamins couraient sur le pont des Cras pour se mettre dans la vapeur. Il y a eu aussi la « commune libre » et la « crèche comtoise » exprimée en patois qui permettait une expression populaire, contestataire et parfois anticléricale.

Une séance de ciné jeunes au Rex en mars 19591959

La queue devant le cinéma Rex en mars 1959
Photo B. Faille

On allait au cinéma au Rex, rue des Chaprais jusque dans les années 70. La place de la Liberté était animée.
Que pourrait-on améliorer ?
Arrêter les constructions à outrance.

24 rue de la Rotonde en 2008

Sur le plan commercial, le quartier est encore bien vivant, il ne faudrait pas le tuer en chamboulant la circulation rue de Belfort.
Quels commerces fréquentez vous, à recommander aux Chaprais ?
Par exemple, les boulangeries, les fleuristes et l’épicerie fine de Martin et Muller.
Quels ont été vos rapports avec la mairie ?
J’ai fait partie du conseil municipal avec Jean Minjoz dans les années 60.

 

Après cet entretien, Colette a participé activement à la mobilisation contre les constructions anarchiques

Opération vérité rue de la Rotonde mars 2008

 

L’association « Vivre aux Chaprais » a proposé une action symbolique aux habitants qui subissent les décisions des pouvoirs économiques, politiques et judiciaires
Pour illustrer: « la lutte contre le béton des promoteurs, c’est le pot de terre contre le pot de fer ! », les riverains étaient invités à lancer des pots de terre contre le pot de fer à 14 h 30 au 24 rue de la Rotonde

Action symbolique pot de fer contre pot de terre

Mais finalement, à cause d’un vice de procédure, la construction est réalisée s’ajoutant aux précédentes selon la politique municipale de densification qui se traduit par un entassement des immeubles et une promiscuité pour les habitants

constructions rue de la Rotonde

Septembre 2011 : Colette fête ses 80 ans en sautant en parachute à Thise

Colette saute en parachuteColette saute en parachuteColette Zellvègre après son sautColette soutenue

Pierre Zellevegre est décédé le 26 septembre 2012 Lire sa biographie publiée par l’Est Républicain le 6 octobre 2012  pierrezellevegre

Mairie d'Ornans expo Zellvègre

Une exposition des oeuvres de Pierre Zellvègre est organisée en mairie d’Ornans en mars 2013

Chêne de Flagey par Pierre Zellvègre

Bouquet par Pierre Zellvègre

 

Categories: Portraits