La Maison Jacquemin et la rue du Château Rose

chocolaterie jacquemin 001Nous avons le plaisir de publier ci-dessous, le récit concernant l’entreprise Jacquemin, écrit par le dernier descendant de la maison Jacquemin, Daniel, aujourd’hui en retraite. Qu’il en soit,ici, vivement remercié.

« En 1904, Jules Jacquemin fit l’acquisition, avec l’immeuble du 43 rue de Belfort, des terrains bordant la rue du Château Rose,du côté gauche en montant (numéros impairs). Aucune construction ne s’y trouvait alors. Seul, en retrait, se trouvait un petit atelier d’imprimerie qui fut intégré dans les nouveaux bâtiments par la suite. A l’emplacement des jardins bordant la rue, Jules Jacquemin et ses deux fils Joseph et Emile conçurent et firent construire une usine « modèle » avec machine à vapeur et haute cheminée de briques installées et montées en bordure de la rue de la Rotonde.

On entrait dans les bâtiments par une cour située en bas de la rue (au n°5). de part et d’autre d’une allée centrale étaient disposés quatre ateliers principaux. D’un côté la chocolaterie et la confiserie de sucre cuit. De l’autre, les dragées et l’atelier d’office (celui où étaient fabriqués les articles coulés comme la gomme, le réglisse, les pâtes de fruit, etc.).au fond, la chaudière haute pression et la machine à vapeur distribuaient mouvement et chaleur aux machines (par des systèmes à poulies) et aux cuiseurs.

facture jacquemin 001A l’étage du bâtiment situé à gauche de l’ensemble, se situaient les ateliers de triage et d’emballage. L’ancienne usine fondée en 1854 au 38 Grande Rue, puis s’installa au 41 rue des Granges en 1871 (magasin, plus bâtiments sur cour). Elle fut transférée rue du Château rose entre 1905 et 1908.

Jusqu’en 1954, date du centenaire de l’entreprise, l’usine employa entre 60 et 100 personnes.A cette même date, par suite de difficultés d’exploitation,   mon père, Henri (fils de Joseph) et son cousin Maurice (fils d’Emile) vendirent la partie des bâtiments bordant la rue. Maurice reprit le magasin  du 41 rue des Granges et mon père, Henri, conserva avec les ateliers de dragées et d’office, la partie en retrait de la rue avec accès par la cour.Les bâtiments longeant la rue furent occupés par la droguerie Viret et la cartonnerie bisontine. Le bâtiment sur cour échut à la Banque populaire de Franche-Comté. L’immeuble du 43 rue de Belfort resta dans la famille.

M’étant rendu compte que mon père avait besoin d’aide, je vins le seconder en 1965. et je lui succédai en 1968 année de sa retraite.

fontaine flore et pûb chocolat jacqueminBientôt la structure du bâtiment de la rue du Château Rose se révéla inadaptée à l’activité de l’entreprise. A la fin de l’année 1980, je vendis le bâtiment à la Banque Populaire qui y transféra ses archives et nous  avons installé ateliers et magasin au 3 rue des Cras.

Ainsi se termina l’histoire de la Maison Jacquemin et de la rue du Château Rose, après plus de soixante dix ans de présence.(ci-contre, à gauche, carte postale ancienne de la place Flore avec publicité, à gauche de la fontaine, pour le chocolat Jacquemin).

L’immeuble du 43 rue de Belfort fut vendu progressivement, par appartements, après avoir été cédé en partie à Mr. Beliard.

facture chocolat jacquemin 001 (2)

L’entreprise qui célébra son 160° anniversaire en 2004, fut cèdée à Mr. Ricot, chocolatier bisontin, qui poursuit, de façon notablement réduite l’activité de fabrication de dragées. »

Ci-contre, à gauche, facture datée du 11 janvier 1916….

chocolat jacquemin 1923 (3) 001A droite, publicité parue dans une publication du département du Doubs en 1923….