Graffitis, tags et messages sur nos murs…..

DSCN0704

Passage Rambaud, sur le mur d’un nouveau bâtiment en cours d’aménagement, ce graffiti ne passe pas inaperçu! D’abord parce que l’immeuble est neuf! Mais aussi par la nature de son message :Stop GENTRIFICATION…. Beaucoup de passants se sont interrogés sur le sens de ce message!

Qu’est-ce donc que la gentrification? Vous ne trouverez pas sa signification dans le  Grand Robert qui ne retient que le terme d’origine anglaise « gentry » apparue dans la langue française en 1688 et qui signifie « noblesse anglaise non titrée ». Et ce dictionnaire d’ajouter le sens pris par extension en 1846 : en France, la haute société.Bon! Mais ce mot écrit sur le mur, quel sens lui donner? Réponse dans l’encyclopédie libre,  participative, sur internet, Wikipedia qui indique : »La gentrification (mot anglais de gentry, « petite noblesse ») est un phénomène urbain d’embourgeoisement. C’est le processus par lequel des arrivants plus aisés s’approprient un espace initialement occupé par des habitants ou usagers moins favorisés, transformant ainsi le profil économique et social du quartier au profit exclusif d’une couche sociale supérieure.

Ce néologisme est employé pour la première fois par la sociologue Ruth Glass (en) dans son ouvrage London: aspects of change, étudiant le phénomène à Londres dans les années 1960″.

Donc, si cette inscription relève du vandalisme sur un immeuble neuf, elle véhicule cependant un message politique (au sens noble du terme qui renvoie à la vie dans la cité) qui mérite débat dans notre quartier, non? Même s’il est difficile de parler de gentrification à propos de cet immeuble….

DSCN0541
DSCN0548

Et cette inscription « bombée » sur ce mur nous permet de rappeler qu’elle ne peut être considérée comme un tag….La même encyclopédie précisant à ce sujet : «  le « Tag » (marque, signature) est le simple dessin du nom de l’artiste. Le geste est généralement très travaillé, à la manière des calligraphies chinoises ou arabes. C’est un logo plus qu’une écriture, et souvent, seuls les habitués parviennent à déchiffrer le nom qui est écrit ».

Et le graffiti, alors qu’est-ce? Retour à notre encyclopédie sur le net qui nous précise :

« Les graffitis sont des inscriptions ou des peintures réalisées sur des murs, des monuments ou des objets situés sur l’espace public. Les graffitis existent depuis des époques reculées, dont certains exemples remontent à la Grèce antique ainsi qu’à l’Empire romain et peut aller de simples marques de griffures à des peintures de murs élaborées. Dans les temps modernes, la peinture aérosol et les marqueurs sont devenus les outils les plus utilisés. Dans la plupart des pays, « dessiner » un ou plusieurs graffitis sur une propriété sans le consentement de son propriétaire est considéré comme du vandalisme, lequel est punissable par la loi. Parfois, le graffiti est employé pour communiquer un message politique et social. Il existe de nombreux caractères et styles de graffitis, cette forme d’art évoluant rapidement ». L’ASEP, rue Résal, offre un atelier « grafs » ou de peintures urbaines qui n’a rien à voir avec les tags. En témoignent les murs de ses locaux.

Cet art des fresques murales remonte d’ailleurs au début du XX° siècle au Mexique, où des peintres révoltutionnaires peignent de grandes fresques d’une valeur inestimable aujourd’hui : ils s’appelaient, pour les plus connus, David Siqueiros, Diego Rivera, Romero Orozco, sans oublier Jean Charlot, d’origine française, qui émigra au Mexique.

P1040435

Alors revenons à notre inscription du Passage Rambaud : elle n’est pas un tag, peut être considérée comme un graffiti, mais n’est pas un graf au sens de fresque. Elle est un message. Et s’apparente magré tout à un acte de vandalisme.